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Lucius Aurelius Commodius dit Commode règne sur l'Empire romain de l'an 180 jusqu'à son assassinat en 192 après presque 13 ans au pouvoir. Il est le dernier fils vivant de l'empereur Marc Aurèle, dernier des « Cinq Bons Empereurs », et de Faustine la Jeune, il est également le dernier représentant de la dynastie des Antonins, qui lui a donné une excellente éducation. Commode est cependant passé dans la postérité comme étant souvent considéré comme l'un des pires empereurs de l'Histoire de Rome, parfois comparé à Caligula ou Néron. Marqué par des complots et une tentative d'assassinat par ses proches au début de son règne, son principat aurait profondément choqué ses contemporains par une série de violences politiques, et d'excentricités qui transgressent les codes de la dignité impériale. Ces comportements nous sont relatés dans les deux textes que nous nous apprêtons à étudier.
[...] Il est également comparé à des empereurs jugés comme tyranniques comme Neron ou Domitien, on le dit plus cruel que Domitien et plus impudique que Néron. Ses statues sont donc abbatue et renversées, on efface son nom des monuments public, et les mois reprennent leur nom d'avant son règne. L'Histoire Auguste fait mention d'un certains Cingitus Severus qui aurait dit L.57 « Mon avis est qu'il faut abattre les statues de celui qui n'a vécu que pour la ruine des citoyens et pour sa propre honte et qu'on obtenu par la terreur les honneurs qu'on lui a décernés [ . [...]
[...] L'Histoire Auguste confirme pleinement ce phénomène, en insistant surtout sur la transformation du calendrier par les courtisans. Le texte affirme que « les courtisans changèrent en son honneur les noms des différents mois d'après ceux qu'il portait lui-même », montrant l'ampleur de la flatterie dont il bénéficie. La liste donnée « pour août c'était Commode, pour septembre Hercule, pour octobre l'Invincible, pour novembre Exsuperatorius (vainqueur), pour décembre Amazonius » même il semble y avoir une inconsistance entre les deux textes, puisque, quand on fait le calcul, on dirait plutôt que Hercule est en octobre. [...]
[...] Il mentionne également que « on dressa une foule de statues avec les attributs d'Hercule » L23, qui rappelle bien l'obsession de l'empereur envers le héros mythique. Cette assimilation prend aussi une dimension publique et performative : en effet dans la suite du texte, selon Dion Cassius « on portait devant lui dans les rues la peau de lion et la massue » L28, les deux emblèmes les plus immédiatement reconnaissables d'Hercule. En exhibant ces symboles, Commode cherche à apparaître comme un nouvel Hercule triomphant, protecteur et supérieur aux hommes ordinaires. [...]
[...] Jugé comme étant responsable de la décadence romaine et de la guerre civile qui va suivre la chute de la dynastie des Antonins, si l'on s'en tient à nos deux sources, il semble avoir traumatisé l'élite romaine de l'époque. A ce propos, l'Histoire Auguste nous dit, en citant « oeuvre de Marius Maximus, un biographe romain sénateur et contemporain de Commode à la L.42 « Qu'on prive l'ennemi de la patrie de tout honneur [ . ] qu'on abatte les statues de cet ennemi, les statues du parricide et du gladiateur« . [...]
[...] En effet, Il rapporte que l'empereur « commandait d'appeler Rome elle-même Commodienne » L rebaptisant symboliquement la capitale pour l'identifier à sa personne. Ce geste s'accompagne d'une transformation des institutions : « ainsi que les armées » L15 et « le jour où ce décret avait été porté », signe d'une volonté d'appropriation totale de la vie publique. Cette logique culmine avec la modification du calendrier, acte de souveraineté par excellence : " on finit par donner ses noms à tous les mois", Amazonius, Invictus, Felix, Pius, Lucius, Aelius, Aurelius, Commodus, Augustus, Heracleus, Romanus, Exsuperatorius. [...]
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