IIIe République, Léon Gambetta, suffrage universel, Alfred Bramtot, régime républicain, crise du 16 mai 1877, régime démocratique, Révolution française, DDHC Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, libertés fondamentales, souveraineté populaire, culture républicaine, droit de vote
À partir de 1870, la IIIe République s'est imposée difficilement, mais a fini par se mettre en place progressivement grâce à des pratiques politiques et des symboles hérités de la Révolution française, comme le montrent les deux documents présentés ici.
Le premier est l'extrait d'un discours de Léon Gambetta du 9 octobre 1877, prononcé devant la chambre des députés. Opposé aux monarchistes, Gambetta, républicain, député et ministre, incarne l'une des personnalités politiques les plus importantes et les plus influentes de la IIIe République. Son discours intervient après la crise du 16 mai 1877.
Le second document est une peinture d'Alfred Bramtot, réalisée en 1891 et intitulée « Le suffrage universel ». Il s'agit d'une scène d'un bureau de vote à la mairie des Lilas, au moment où le régime républicain est déjà bien implanté.
[...] Discours de Léon Gambetta à Paris le 9 octobre 1877 - Léon Gambetta (1877) ; Le suffrage universel - Alfred Bramtot (1891) - De quelle manière le régime républicain a-t-il réussi à s'établir et à se développer sur les plans politique et symbolique pendant la IIIe République ? A partir de 1870, la IIIe République s'est imposée difficilement mais a fini par se mettre en place progressivement grâce à des pratiques politiques et des symboles hérités de la Révolution française, comme le montrent les deux documents présentés ici. [...]
[...] Ces documents nous amènent à nous demander de quelle manière, sur le plan politique et symbolique, le régime républicain parvient-il à s'affirmer et à s'enraciner sous la IIIe République ? Il s'agira d'abord d'étudier les différentes pratiques qui ont permis à cette IIIe République de se mettre en place, puis nous analyserons les symboles qui lui ont permis de s'ancrer en tant que régime stable. Pour exister durablement, le régime républicain s'appuie notamment sur le vote et le suffrage universel masculin. [...]
[...] Par ailleurs, le suffrage universel est aussi une pratique républicaine. Il est le garant du régime démocratique comme le dit Gambetta : « cet ordre profond et durable ne peut en effet exister qu'au nom de la majorité qui s'exprime par le suffrage universel. » Celui-ci est le garant de la stabilité : « Si le suffrage universel fonctionne dans la plénitude de sa souveraineté, il n'y a plus de révolution possible » affirme Gambetta, en référence notamment à la Commune de Paris de 1870-1871. Enfin, il est le garant de l'égalité puisque les hommes de toutes les classes sociales peuvent voter contrairement au suffrage censitaire : « C'est le suffrage universel qui réunit sans distinction de classes ni de nuances dans les opinions. » Le document 2 illustre ces idées, montrant des hommes de tous âges, vêtus différemment (chapeau haut de forme, tablier, blouse de travail) pour représenter le bourgeois, l'artisan et l'ouvrier. [...]
[...] Pour cela, le régime républicain s'appuie sur des symboles issus de la Révolution française. Le régime républicain de la IIIe République s'appuie sur des symboles de 1789 pour rallier les esprits à la cause républicaine. C'est ce que rappelle Gambetta dans son discours : « pour [une] société qu'on ne fera pas renoncer aux conquêtes de 1789, sanctionnées par la Révolution française ». Gambetta s'adresse d'ailleurs aux députés en clamant « Aujourd'hui, citoyens » comme au temps de la Révolution, signifiant ainsi que tous sont égaux. [...]
[...] Nous pouvons ainsi conclure que grâce à ces deux documents, dont la date les sépare d'une quinzaine d'années, il est possible de constater les progrès accomplis durant ce laps de temps par les républicains pour asseoir la république. Ils ont usé de pratiques politiques telles que le vote et le suffrage universel pour apporter une stabilité et une égalité au sein de la République, tout en s'appuyant sur des symboles hérités de la Révolution française. Cette IIIe République, qui durera jusqu'en 1940, est cependant imparfaite (les femmes sont exclues de la politique) et n'empêchera pas les crises politiques se succéder tout au long de son existence. [...]
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