Philosophie du droit, philosophie politique, Schopenhauer, force, gouvernance, État, contrainte physique, justice, pouvoir, autorité, droit, valeurs éthiques
Dans le cadre d'une épreuve de bac blanc en Philosophie, cette explication de texte étudie un extrait de l'oeuvre d'Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena (1851).
Avec les récents assassinats causés par la police de l'immigration américaine, la question de l'armement des forces de l'ordre se retrouve au coeur des débats politiques. De nombreuses personnes soutiennent aujourd'hui que la police, figure représentative de l'autorité de l'État, doit pouvoir remplir sa mission - qui est de faire respecter les lois - sans user de moyens de coercition. Néanmoins, peut-on réellement considérer que le droit se suffit à lui-même ?
[...] Avant même de chercher à comprendre cet extrait de phrase dans son ensemble, il semble déjà primordial d'essayer de définir le terme de « droit ». Ici, il semblerait que Schopenhauer fasse référence à la justice et à l'utilisation de lois. Autrement dit, l'auteur nous explique que le droit est inefficace, inopérant en tant que tel. Il ajoute ensuite que « par nature règne la force » ; ici, il semblerait juste de comprendre que Schopenhauer considère qu'à l'état de nature, dans la forme la plus primitive de l'Homme, ce qui vaut pour autorité suprême est la force, autrement dit, les moyens de coercition, de contrainte physique. [...]
[...] Cela même conduit alors à révéler, comme l'écrit l'auteur, « l'impuissance des seules forces morales » ; néanmoins, il semblerait que la faiblesse des forces morales puise également sa source dans la relativité de celles-ci même. En effet, et comme l'exposa Pascal, ce qui est juste et ce qui est bon n'a une valeur que toute relative. Schopenhauer explique alors que la réponse à cette requête « serait le plus souvent un rire de mépris ». Ainsi, le philosophe révèle une forme de dédain envers ces valeurs morales et l'idée de s'abandonner au profit de l'autre. [...]
[...] Schopenhauer confirme d'abord que « La force physique est donc la seule capable de se faire respecter », il confirme donc ce qu'il écrivait quelques lignes plus tôt. Pour formuler cela différemment, l'auteur exprime l'idée que la force physique est la seule forme de force qui permet de se faire respecter ; il l'oppose ainsi aux forces morales mises en avant auparavant. Cependant, Schopenhauer nuance son propos. En effet, il explique que cette force est, à l'origine, « associée à l'ignorance, à l'injustice et à la stupidité ». [...]
[...] Schopenhauer appuie son propos en précisant que « c'est par elle seule que les hommes sont impressionnés », autrement dit, les moyens de coercition sont le seul moyen de contraindre les Hommes, la seule chose qui puisse les faire plier. Il va même encore plus loin en écrivant que c'est « pour elle seule qu'ils ont du respect » ; ici, l'implication est double : premièrement, les Hommes respectent la force, cela signifie que c'est un moyen pertinent de gouverner puisqu'il est respecté mais confirme aussi la première phrase du texte puisque si seule la force est respectée, le droit ne l'est conséquemment pas. L'idée de Schopenhauer est donc claire : le droit ne permet pas de gouverner puisque seule la force le peut. [...]
[...] Schopenhauer imagine donc un monde dispensé de contrainte, autrement dit, un monde dans lequel la force physique n'est plus. Pour expliquer cela différemment, l'auteur invente donc un espace dans lequel est absent ce qu'il décrivait plus tôt comme être le seul élément par lequel les « hommes sont impressionnés ». Cette configuration prive ainsi les Hommes de ce que Schopenhauer considère être le moyen unique de gouverner ceux-ci. Cependant, l'auteur imagine également que l'on demandât explicitement et de façon « claire » et « persuasive » d'être, comme expliqué plus tôt, « raisonnables, justes et bons, mais d'agir contrairement à leurs intérêts ». [...]
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