Passé, avenir, mémoire, expérience, présent, futur, Nietzsche, bonheur, identité, souvenirs douloureux
Ce sujet nous invite à nous questionner sur la nécessité ou l'obligation d'oublier notre passé, c'est-à-dire d'effacer de notre mémoire les souvenirs de nos erreurs et de nos douleurs, pour pouvoir se créer un avenir (à ne d'ailleurs pas confondre avec le futur).
Cela suppose que la mémoire du passé a toujours une influence négative sur la construction de l'avenir d'une personne.
[...] Qui oublie le passé ne saurait comprendre l'avenir. », d'après Sénèque. Est-il alors judicieux d'essayer d'oublier le passé (si tant est que l'oubli peut être volontaire), alors qu'il a forcément une influence sur notre présent et sur la façon dont nous envisageons notre avenir ? Ne faut-il pas au contraire se souvenir du passé pour ne pas répéter les erreurs commises ? L'un des rôles fondamentaux de l'Histoire et de l'historien, est bien ce devoir de Mémoire. Il semble donc essentiel de se souvenir de son passé si l'on veut s'en détacher. [...]
[...] C'est pourquoi, certaines personnes préfèrent « vivre dans le passé », sans risque. Ils cèdent à la nostalgie d'une époque meilleure en tout point, ce qui les rassure. Or, le passé, par définition, n'existe plus. Ainsi, le « passéisme » inhibe nos capacités à aller de l'avant et à envisager un avenir. Un avenir qui n'existe pas non plus, pas encore tout du moins, mais qui est à construire et qui représente l'infini des possibilités. Il faut donc vivre le présent et se tourner vers l'avenir. [...]
[...] Par conséquent, il NE faut PAS oublier le passé pour essayer de se construire un meilleur avenir. Même si notre passé est lourd à porter, on ne peut pas et on ne doit pas l'oublier complètement pour se projeter dans l'avenir. L'exemple de l'amnésique est flagrant : Les témoignages de personnes dans cette situation montrent qu'ils se sentent « incomplets » et ont du mal à envisager leur avenir sans réapprendre ce qu'a été leur histoire passée. La conduite de nos vies est semblable à celle de nos voitures : si l'on ne regarde que dans le rétroviseur on ne peut pas avancer en sécurité, mais si l'on n'a pas de rétroviseur on ne peut pas prévenir les dangers. [...]
[...] D'après Nietzsche, « Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l'instant présent ne pourrait exister sans faculté d'oubli. » Je pense, par exemple, que se détacher du ressenti permet de pardonner. Pardonner permet de passer à autre chose? C'est vrai autant à titre individuel qu'au niveau collectif. Peut-on pour autant complètement renier son passé ? Il est certes possible d'oublier une partie de ses souvenirs (intentionnellement ou inconsciemment), mais notre passé sera toujours à l'origine de ce que nous sommes aujourd'hui. Nous « n'avons pas » un passé, mais nous « sommes » notre passé. Notre façon de réfléchir est le résultat de notre histoire passée. « Le Temps n'est qu'un instant présent. [...]
[...] Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ? Ce sujet nous invite à nous questionner sur la nécessité ou l'obligation d'oublier notre passé, c'est-à-dire d'effacer de notre mémoire les souvenirs de nos erreurs et de nos douleurs, pour pouvoir se créer un avenir (à ne d'ailleurs pas confondre avec le futur). Cela suppose que la mémoire du passé a toujours une influence négative sur la construction de l'avenir d'une personne. Dans quelle mesure oublier est-il souhaitable pour se forger le meilleur avenir possible ? [...]
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