Rousseau, Nietzsche, éducation, valeurs, liberté, égalité, vie, hiérarchie sociale, citoyenneté, philosophie politique, philosophie de vie, valeurs éthiques, individualisme, subjectivité, expérience, créativité, spiritualité, condition humaine, solitude, équité, humanisme
Un disciple de Rousseau choisirait de vivre dans une société choisie, peu nombreuse, composée d'individus avec lesquels il partagerait des intérêts communs. Un disciple de Nietzsche mènerait sans doute une existence fort solitaire.
Il pourrait être intéressant de prôner un idéal de vie qui soit en quelque sorte à mi-chemin entre ces deux positions. De Rousseau, on conserverait le respect du vivant, les valeurs d'équité et d'un amour de soi étendu à son prochain. De Nietzsche, on pourrait conserver le caractère insatisfait, la velléité de déconstruire, de ne pas se contenter, de ne pas tenir pour acquis, mais de critiquer, de créer, de construire soi-même son propre système de valeurs - sans pour autant rejeter nécessairement tout ce qui nous a été inculqué.
[...] Il adopterait un régime végétarien, soucieux de ne pas tuer sans nécessité. Son idéal politique, duquel il essaierait de se rapprocher le plus possible s'il avait à choisir dans quel État vivre, serait bien entendu satisfait par l'institution d'un contrat social, où chaque citoyen reconnaitrait dans l'exercice de la souveraineté sa volonté propre, manifestée par la volonté générale. D'une façon générale, ce disciple de Rousseau tâcherait toujours de se conduire de manière vertueuse, c'est-à-dire de lutter contre les mauvaises passions de l'amour-propre, et en tirerait une profonde satisfaction, du fait de la liberté qu'une telle lutte lui permettrait d'acquérir. [...]
[...] En effet, en considérant le portrait possible d'un disciple de chacun de ces deux philosophes, on peine à l'imaginer sous les traits d'une femme. C'est d'ailleurs explicite chez Nietzsche, la femme ne pouvant pas être un « homme supérieur », et chez Rousseau, la citoyenneté lui est refusée. [...]
[...] Sans doute, tout idéal de vie est-il profondément subjectif. On pourrait concevoir, comme Rousseau, qu'une bonne manière de s'approcher du bonheur est de commencer par éviter d'éprouver trop de peines. Mais peut-être est-ce aussi une difficulté du raisonnement de Rousseau et de sa morale par l'abstention : s'abstenir d'un certain nombre de maux potentiels, est-ce que cela suffit vraiment au bonheur ? On peut penser un idéal de vie plus risqué, où l'on gagnerait difficilement ce bonheur si ardu à trouver, où l'humilité et la vie modeste ne seraient pas suffisantes. [...]
[...] Il lui serait intolérable d'adopter un régime végétarien Le disciple de Nietzsche aurait une aversion pour la déférence, la piété, l'esprit sacerdotal : il n'hésiterait pas à condamner froidement la naïveté de l'homme de foi, et lui-même se passerait d'Église pour déployer sa spiritualité. Le disciple de Nietzsche aurait de la société une vision profondément hiérarchique, selon lui, les hommes ne seraient pas égaux et seuls les hommes supérieurs mériteraient son attention. C'est aussi la raison pour laquelle il serait solitaire ; il avouerait honnêtement éprouver du dégoût pour la vulgarité, pour tout ce qui est « populaire ». Quelle serait la meilleure vie humaine ? [...]
[...] Quel serait l'idéal de la vie humaine selon les disciples de Rousseau et ceux de Nietzsche ? Le disciple de Rousseau : Un disciple de Rousseau choisirait de vivre dans une société choisie, peu nombreuse, composée d'individus avec lesquels il partagerait des intérêts communs. Comme Émile, il aurait appris un métier manuel, artisanal, lui permettant de vivre dans la plus grande indépendance, libre de changer de ville, ou de pays, à sa guise, tout en assurant par lui-même sa propre subsistance. Cette indépendance matérielle lui conférerait une indépendance spirituelle, puisqu'elle lui épargnerait les dangers de l'amour-propre, de la dépendance à l'égard de l'opinion publique, dangers encourus par celui qui ne peut assurer sa subsistance que par sa réputation, par le regard d'autrui. [...]
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