Infini intensif, infini extensif, Dieu, Duns Scot, Saint Thomas d'Aquin, Bonaventure, infini en acte, infini en puissance, quantité infinie, qualité infinie, premier moteur immobile, nature divine, haccéité, ipsité, métaphysique, théologie, concept d'être, intelligibilité, actualité intensive, puissance extensive, Ordinatio, Itinéraire de l'esprit vers Dieu, Confessions, Aristote, infini privatif, infini qualitatif, unité de la création, béatitude, intellect humain, analogie, représentation de Dieu, infini actuel, infini potentiel, divisibilité quantitative, présence de Dieu, création, monde, nature, créature, philosophie médiévale, théologie chrétienne
Comment penser la nature infinie de Dieu en rapport avec la nature finie de sa créature ? Telle est l'une des questions les plus essentielles que se pose la théologie scolastique du Moyen-âge, de Saint Thomas d'Aquin à Duns Scot en passant par Bonaventure. Pour comprendre les attendus de cette question, mais aussi les tensions qu'elle va supposer, notamment entre le discours de Bonaventure et celui de Scot, il faudra tout d'abord revenir aux réflexions que produit Aristote sur l'infini dans sa Physique. Pour Aristote, l'infini (apeiron) suppose de considérer une quantité sans limitation. Or, qu'est-ce qu'une quantité sans limitation, ce concept est-il intelligible ?
[...] Comment l'infini intensif de la nature divine est-il connaissable par l'homme selon sa nature propre ? Pourquoi cette connaissance suppose- t-elle que Dieu soit un étant simple et infini ? Comment dès lors considérer son lien intime avec sa créature et avec le monde qu'il a créé ? Dans un troisième moment nous nous intéresserons au rapport que tisse l'ontologie scotiste entre le monde Dieu et la création, entre l'extensivité de l'infini (de par sa quantité) et l'intensité de l'infini (de par sa qualité), médiatisé dans la finitude de l'homme. [...]
[...] L'infini extensif est donc un quantum qui excède toute grandeur finie. Il faut alors interroger l'existence d'un infini extensif non en acte mais en puissance. En considérant la totalité et la partie d'un « tout » selon la représentation que nous en donne le sens commun, Scot peut affirmer : « Infini est ce qui est tel que lorsqu'on en prend une quantité, c'est-à-dire quelque grande que soit la quantité qu'on prend, il reste toujours quelque chose à prendre. » (Commentaire de la Physique III). [...]
[...] B Dieu être simple et étant absolu (Sur la connaissance de Dieu et l'univocité de l'étant) - Contre la théorie de la ressemblance de l'être. Rupture radicale de Scot avec la scolastique héritée de Thomas, redéfinition de la connaissance à partir de la théorie hylémorphiste d'Aristote. - L'ontologie scotiste en rapport avec la théorie des espèces intelligibles. La connaissance sensible comme cause de la connaissance, le sens interne et l'intellect, les universaux et le concept général de l'être. De l'universel comme être de l'étant, à l'étant de l'être comme expression de l'universel. [...]
[...] Définition de l'intensité infini comme expression ou modalité de l'existence de Dieu : « Un être infini est tel qu'il excède quelque être fini que ce soit, non point selon une proportion déterminée, mais au-delà de toute proportion déterminée ou déterminable¹?. » (Ordinatio) Problématique : Pourquoi la définition de l'infini intensif suppose-t-elle de la part de Scot de s'opposer à la théorie de la ressemblance de l'être de saint Thomas et à la modalité analogique de sa connaissance ? A L'infini comme actualité intensive de Dieu (Prologue de l'Ordinatio) - Définition de l'infini intensif de Dieu et de l'infini extensif du monde. L'infini par qualité et par quantité. - Pourquoi la notion d'extensivité infinie est-elle nécessaire pour penser celle d'intensivité infinie ? Passage de la définition d'infini privatif chez Aristote à la définition de l'infini qualitatif chez Scot - L'intensivité comme présence de Dieu au c?ur de la création ipsité et haccéité. [...]
[...] C De l'infini comme privation, à l'infini comme accomplissement des fins divine chez Bonaventure : (Sermons, Sentatorum, Itinéraire de l'esprit vers Dieu) - Lecture de la métaphysique d'Aristote par Bonaventure. L'infini comme puissance actualisé dans l'ordre des fins par la volonté divine. Lecture des sermons et de l'Itinéraire de l'esprit vers Dieu. - De l'infini puissance à l'infini en acte : « l'id ipsum esse » chez Bonaventure dans in Librium primum sentatiarum. - De l'infinité de Dieu comme « autre absolu » à l'infinité de Dieu comme réalisations de la fin divine dans la béatitude de sa créature. [...]
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