Guerre moderne, guerre, guerriers, héroïsme, mort, Nouvelles technologies, bombe atomique, combat, extermination, littérature, Antiquité, féodalité, Première guerre mondiale, violence, Seconde guerre mondiale, droit de la guerre, destruction massive, guerre idéologique, lois de la guerre, morale humaine, propagande, HLP Humanités Littérature Philosophie
En France, des Franco-Arméniens se portaient volontaires pour aller combattre. Un jour, j'entendis parler de deux jeunes frères, étudiants, de 19 et 22 ans qui s'étaient engagés. Qu'aurais-je fait si j'avais eu leur âge ? Étaient-ils des fous ou des héros ? Quelques jours plus tard, on apprenait que ces jeunes gens avaient été tués comme de nombreux autres, leurs corps explosés par un drone ou mutilés. On ne rendrait pas leur corps à leur famille comme Hector fut rendu à Priam pour que les funérailles puissent être accomplies. À quoi avait servi leur courage ? À quoi sert le courage quand on combat une technologie invisible et inhumaine faite de machines et de gaz ? Que reste-t-il de l'héroïsme quand l'issue d'une guerre ne dépend plus de la valeur des hommes, mais de la supériorité technique d'une armée ?
[...] ] Paradoxalement, ce sommet de vitalité tient à ce que le guerrier méprise la mort ou plus exactement sait cheminer à ses côtés comme le chevalier de la gravure de Dürer (Le Chevalier, la Mort et le Diable) ou Achille prévenu par sa mère de la brièveté de sa vie. Le guerrier peut éprouver la peur, mais il saura la surmonter. Et c'est dans cette dans cette capacité à surmonter cette peur constitutive de notre humanité que réside sa grandeur. [...]
[...] Le déserteur de Boris Vian n'ira pas « tuer des pauvres gens », mais il est prêt à recevoir les balles des gendarmes qui viendraient l'arrêter. [...]
[...] Le sens de l'honneur pour Cyrano réside dans la beauté du geste guerrier, ce qu'il nomme « le panache ». Au sens propre, le « panache » c'est le signe par lequel se distingue le chef ou le héros ; dans la compagnie de Cyrano, c'est une « écharpe blanche ». Or ce qu'il reproche à de Guiche, c'est d'avoir laissé tomber à terre cette écharpe de manière à dissimuler son grade militaire. Pourtant en échappant ainsi à l'arquebusade, de Guiche reviendra surprendre l'ennemi espagnol et gagner contre lui. [...]
[...] Jean-Jacques Rousseau dans Du contrat social explique que « La guerre n'est point une relation d'homme à homme, mais d'Etat à Etat, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu'accidentellement, non point comme hommes ni même comme citoyens, mais comme soldats. »3. En ce sens, la guerre moderne échappe à un « droit de la guerre » qui s'efforce de la civiliser. 3. Tout est permis : destruction des civils, extermination et viol des lois de la guerre Lorsque la guerre devient une croisade du Bien contre le Mal, alors tout est permis à celui qui s'imagine appartenir au camp du Bien. [...]
[...] « La guerre n'a jamais été pure » ? et les guerriers non plus S'il est certain que les technologies modernes et notamment l'entrée dans l'ère atomique modifient le sens même de la guerre qui relève désormais moins du combat que de l'extermination, si la guerre de 14-18 choque particulièrement parce qu'elle concerne des nations européennes qui se jugent plus civilisées que les autres, force est de constater que la guerre n'a jamais été pure et les guerriers non plus. 1. [...]
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