Cent Ballades d'amant et de dame, Christine de Pizan, poésie médiévale, littérature française, poésie, Moyen-âge, lyrisme, solitude, douleur, amour, tristesse, traduction
Traduction littéraire du vieux français de deux ballades de Christine de Pizan, extraites de son recueil de poésies "Cent Ballades d'amant et de dame". Les deux textes choisis sont la "Ballade 3", qui défend la loyauté et la constance des femmes contre les préjugés masculins, et la "Ballade 18", qui exprime la souffrance amoureuse du point de vue féminin, avec un ton à la fois douloureux et critique.
[...] La ballade 3 de Christine de Pizan est composée de trois septains, c'est-à-dire trois strophes de sept vers chacune. La traduction a gardé cette structure poétique. Les vers commencent tous par une construction anaphorique qui a été conservée : « Seulete sui », qui a été traduit par « je suis seule ». Chacun des vers du poème commence par cette construction anaphorique sans exception. Les vers sont construits au moyen d'une alternance de rimes de type : A/B/A/B/B/C/C. Dans le premier septain, les rimes sont féminines. [...]
[...] Ce sont des rimes croisées. Elles alternent rimes féminines et rimes masculines. La traduction reprend cette alternance. Une liberté a été cependant prise par rapport au texte originale. Cette liberté figure dans le dernier vers de chaque huitain « Et je ne voy jour qui soit sans tristessee » écrit Christine de Pizan, que l'on peut traduire de différentes manières et que nous avons choisi de traduire trois fois différemment : « Et je ne trouve pas un seul jour sans en être peinée », « Et moi je porte un fardeau sans remord » et « Mais chaque jour, ma tristesse est renouvelée ». [...]
[...] Cent Ballades d'amant et de dame, Ballades 3 et 18 - Christine de Pizan (v. 1400) - Traduction littéraire Traduction littéraire en français moderne Ballade 3 - Christine de Pizan Seulete sui et seulete vueil estre, Seulete m'a mon doulz ami laissee, Seulete sui sans compaignon ne maistre, Seulete sui dolente et couroucee, Seulete sui en langueur couroussee, Seulete sui plus que nulle esgarree, Seulete sui sans ami demouree. Seulete sui a moy et a douleur, Seulete sui en dueil et en esmoy, Seulete sui sans joie et sans honneur, Seulete sui fors de toute argoilloy, Seulete sui sans conseil, sans souloy, Seulete sui, povre, chetive et morte, Seulete sui, et ne scay ou m'apporte. [...]
[...] Ballade 18 - Christine de Pizan Chascun actent joye et douce chiere, Et je ne fais que souspirer tousjours ; A chascun rit Fortune sa baniere, Et je ne voy fors griefs et grans velours. Chascun s'esbat et vault en ses amours, Et je demeure en pleurs et en pensee, Chascun est bien, et moi laisse dolours, Et je ne voy jour qui soit sans tristessee. Chascun a eu ce qu'il a desire, Et je suis seule au lit de desconfort ; Chascun est sain, et moi suis empiree, Chascun se rit, et moi me fault le port. [...]
[...] Ne respectant pas la contrainte de l'épiphore, figure de style qui consiste à répéter un vers à la fin des strophes, nous apportons une richesse au texte en jouant sur les nuances que nous amène à découvrir Christine de Pizan dans sa version en moyen français. Ainsi, cette version est une traduction qui respecte le texte mais pas fidèlement dans la mesure où quelques entorses sont faites aux contraintes originelles du texte. Cependant, ces entorses constituent un choix qui permet de mieux entendre les nuances apportées par le texte et de mieux être en harmonie avec la version d'origine. [...]
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