Discours de la servitude volontaire, La Boétie, critique, monarchie, pouvoir, tyrannie, valeurs, morale humaine, imposture
Après l'exorde (§1-2), où l'auteur a remis en cause la pertinence de la monarchie, arrive, avec le §3, la proposition : le problème est posé, ce n'est pas celui de la tyrannie, mais l'énigme que constitue son acceptation.
[...] La fin de la phrase voit l'effacement de l'auteur (« si » [cependant]) pour revenir à la logique de la servitude du point de vue du peuple qui se soumet : le caractère bienfaiteur du souverain aveugle ses sujets qui ne peuvent envisager qu'il puisse changer. La locution restrictive « ne?que » semble interdire la possibilité du « mal ». II ~ Le tyran cruel prend tout Le paragraphe 5 est interrogatif : la suite de questions traduit la surprise et l'indignation de l'auteur devant la tyrannie qui ne manque pas de s'installer. [§ ~ 4 ~ Mais, ô bon dieu que peut être cela ? [...]
[...] On retrouve ce pronom dans la phrase en chiasme « : être » : verbe A /« cela » pronom B (phrase 4) ; pronom « cela » verbe « s'appelle » Il y a insistance sur la nature terriblement étrange de la tyrannie, qu'on ne peut d'abord nommer, comme le diable dont on ne prononce pas le nom. Pour faire sentir son indignation, La Boétie utilise deux phrases qui comporte le même nombre de syllabes ajoutant un effet de parallélisme. ~ quel malheur est celui-là ? Dans la courte phrase les neutres font place à un substantif connoté négativement : « malheur ». [...]
[...] L'idée de cette longue phrase, qui constitue une objection à la diminution du bien-être populaire au profit du souverain, est le risque d'une métamorphose du bienfaiteur. On retrouve dans la première des deux propositions circonstancielles de condition (« si ?quelques avantages ») le rythme ternaire de la phrase précédente sous la forme d'une triple énumération, de la triple répétition de l'adjectif « grand » ainsi que de la préposition « pour »). Est alors précisé ce en quoi consistent « la vertu », « les beaux faits » et « le bien ». [...]
[...] La « vertu », civique, désigne la capacité à suivre la justice et la vie harmonieuse en société. Les « beaux faits » sont les bonnes actions. Le « bien » renvoie à tous les avantages que reçoit la collectivité. Les deux verbes antithétiques « diminuer » / « augmenter » donnent l'idée de vases communicants : la perte est du côté du peuple, le bénéfice du côté du souverain. La polyptote « aimer » / « aime » développe le substantif « amitié » L'« honneur » est un élément capital dans la société du XVIe siècle. C'est la qualité qui fait qu'on estime un homme, elle est proche de la vertu et du mérite. [...]
[...] On est à l'opposé de « la vertu » de la phrase 2 qui caractérisait le souverain avant qu'il ne passe du camp du bien à celui du mal. La condamnation morale est forte. Le verbe « voir » indique le constat. Avec l'adjectif « infini », l'accent est mis sur la disproportion numérique entre le peuple, nombreux par nature, et le tyran, seul par définition. Les négations « non pas » utilisées à deux reprises permettent de noircir la tyrannie dans ses effets sur le peuple : « servir » est dégradant, alors qu'« obéir » ne l'est pas, « tyrannisés » suscite la pitié, ce qui n'est pas le cas du passif neutre « gouvernés ». [...]
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