La Tragedie du Roi Christophe, Aimé Césaire, pièce de théâtre, décolonisation, Haïti, liberté, travail, violence, révolte, servitude, abus, dictature, tragédie
La pièce a pour but de dénoncer la violence de la colonisation et par extension du processus de décolonisation. La scène que nous allons étudier se situe au commencement d'un nouvel acte. La fin de l'acte précédent se conclut par une réplique de Christophe qui souhaite que son peuple travaille plus fort, plus dur, plus longtemps pour qu'il puisse enfin se mettre « debout ». L'extrait présente donc deux paysans qui débattent de la politique de Christophe.
[...] Le titre lui-même ne laisse aucun doute, nous sommes bien au c?ur d'une ?uvre tragique. Ce choix pour la tragédie est guidé par le destin tragique du peuple haïtien qui subit violence, impuissance et difficulté face à l'impossibilité de se libérer totalement. Ils sont condamnés, tel un héros tragique, à lutter sans espoir et sans fin. Et en effet, nous pouvons voir que la pièce se conclut bien par la révolte du peuple et la mort de Christophe. [...]
[...] Il les oblige à travailler, les menace sous couvert de liberté. Le peuple haïtien n'est donc toujours pas libéré malgré la décolonisation. Il semble toujours empêtré dans une vie de servitude. Cette soumission semble être le reflet d'une époque fragmentée. II. Une époque divisée L'extrait étudié est rempli d'opposition. Une division collective La première division que l'on peut voir à travers l'extrait est une division collective. En effet, nous pouvons voir à travers l'extrait l'opposition entre des groupes bien distincts. [...]
[...] Christophe est présenté comme un père sévère et qui « fait le dur » (ligne 38) alors que Pétion lui est comparé à une mère « qui gâterait le fils contre le père » (ligne 36). Pétion et Christophe, à travers le père et la mère, sont opposés, ils n'ont rien de semblable et ne peuvent être d'accord. Une division symbolique La dernière division que l'on peut voir dans l'extrait est une division symbolique. En effet, il n'y a pas que les personnes qui s'opposent dans l'extrait mais aussi le langage. [...]
[...] L'existence même des Royal-Dahomets relève d'une dictature. En effet, cette petite milice contrôlée par Christophe a pour but de surveiller et punir ceux qui ne travaille pas. Ils n'ont pas pour rôle de protéger ou défendre mais bien punir et sanctionner. Christophe l'explique lui-même dans sa proclamation : « Chargeons les généraux et officiers supérieurs de surveiller l'exécution du présent règlement » (ligne 76 et 77). Les Royal-Dahomets ont pour mission de surveiller et punir ceux qui selon eux ne travaillent pas suffisamment. [...]
[...] En effet, le deuxième paysan le montre tout d'abord lorsqu'il exprime sa colère : « c'était pour l'avoir à nous, cette terre, pas pour peiner sur la terre des autres, même noirs » (ligne 28 et 29). Ainsi, le deuxième paysan qui travaillait pour les Blancs, travaillent maintenant pour les noirs. Alors qu'il s'opposait aux blancs, maintenant il s'oppose aux noirs qui ont pris la même place que les colonisateurs. Lors de la proclamation de Christophe nous pouvons retrouver cette idée d'opposition. [...]
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