L'Île des esclaves, Marivaux, pièce de théâtre, comédie, amour, classe sociale, lutte des classes, critique sociale, parodie, sentiments, pouvoir, Grand oral
Marivaux est un célèbre dramaturge du XVIIe siècle. Dans ses pièces, l'auteur s'interroge souvent sur la complexité du sentiment amoureux. On a inventé à partir de son nom le terme de « marivaudage » pour désigner l'espèce de badinage amoureux auquel se livrent volontiers ses personnages. L'île des esclaves est l'une de ses pièces les plus connues. Dans cette pièce, les personnages inversent leurs rôles, les maîtres deviennent les serviteurs et vice-versa. C'est alors l'occasion pour l'auteur de se livrer à une réflexion sur la psychologie des personnages et notamment les tensions qui peuvent exister entre les différentes classes sociales.
[...] Le jeu de rôle et l'inversion des positions de pouvoir entre maîtres et serviteurs ne sont pas seulement des dispositifs comiques, mais aussi des outils de réflexion et de critique sociale. Les serviteurs, en jouant à être des maîtres, révèlent les artifices et les faiblesses de l'aristocratie, tout en affirmant leur propre humanité et intelligence. Ainsi, cette scène ne se contente pas de parodier le badinage amoureux, mais elle interroge plus profondément les structures de pouvoir et la légitimité des privilèges de naissance. [...]
[...] Il se montre très démonstratif, à travers des mouvements très peu distingués, comme on peut le voir avec les didascalies : « saute de joie », et les onomatopées « o oh oh ». On constate en effet dans ce dialogue entre les deux amoureux une attitude de fanfaron un peu grossier de la part d'Arlequin et une attitude scandalisée de Cléanthis qui s'offusque du comportement d'Arlequin. Arlequin dit ainsi « c'est que je m'applaudis » alors que Cléanthis rétorque « Rayez ces applaudissements ». [...]
[...] Comme souvent dans les pièces de théâtre du XVIIème et du XXIIIème siècle, comme chez Molière le siècle dernier et Beaumarchais au même siècle que Marivaux, les domestiques sont souvent des personnages ingénieux qui se jouent de leurs maîtres. Comme Scapin chez Molière et Figaro chez Beaumarchais. Conclusion Cet extrait se présente comme une parodie du badinage amoureux à travers des personnages de domestiques qui se moquent de leurs maîtres dans une perspective de mise en abyme, de théâtre dans le théâtre. [...]
[...] On peut remarquer à travers les didascalies, les indications scéniques : « l'arrêtant par le bras et se mettant à genoux » que le personnage d'Arlequin mime un discours de badinage amoureux. C'est une manière pour le dramaturge à travers les paroles et les actions de son personnage de tourner en dérision, de se moquer des dialogues amoureux un peu artificiels qui peuvent exister entre des personnages de haute naissance, des aristocrates. Second mouvement : Des aristocrates moqués et une machination machiavélique Dans la deuxième partie du texte, Arlequin se dévoile complètement en expliquant en quelque sorte qu'ils n'avaient fait que parodier leurs maîtres. [...]
[...] Cela peut être une manière pour Arlequin de se venger. Nous nous situons au siècle des Lumières, dans une époque de contestation des privilèges, qui seront abolis pendant la Révolution française. C'est alors l'occasion pour Arlequin et Cléanthis d'entamer ce qui peut s'apparenter à une sorte de badinage amoureux qui ne sied pas véritablement à leur véritable condition sociale. On remarque en effet les formules qu'ils emploient : « la clarté du jour », le superlatif « le plus beau temps du monde », « un jour tendre ». [...]
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