Amertume de la mer, Jean-Michel Maulpoix, symbolisme, épique, mythologie, personnification, ambivalence, chaos, destruction, mystère, fragilité, mort, mer
Jean-Michel Maulpoix est un poète et critique littéraire français né en 1952. Il est principalement connu pour son oeuvre de critique littéraire volontiers étudié à l'Université, mais il est également auteur d'une oeuvre poétique dense. Le poème qu'il nous est donné d'étudier s'intitule « Amertume de la mer ». Il sera intéressant d'étudier, à travers une analyse stylistique, l'image que donne le poète de la mer dans une réflexion autocritique (...).
[...] La mer, en ce qu'elle symbolise à la fois tout et rien ne peut évoquer la figure de la pieuvre dans Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo. La dimension symbolique de la mer Ce passage donne véritablement une dimension épique au texte et à la mer, une dimension à la fois mythologique et tragique comme lorsque dans la formule « lavant sa plaie », on peut trouver une référence à Prométhée comme l'expression « poussant pour rien » peut évoquer encore davantage la référence à Sisyphe qui pousse son rocher le long d'une colline alors que cette dernière retombe à chaque fois. [...]
[...] On peut comprendre ici que l'auteur s'amuse un peu des clichés. La fin de ce paragraphe a des allures d'hypotypose dans la mesure où le lecteur peut, en lisant ces lignes, se représenter visuellement des adieux déchirants sur la plage, des départs vers l'inconnu. On pourrait ainsi trouver les traces ici d'un romantisme désuet, des représentations littéraires quelque peu clichéiques dont s'amuse l'auteur. Jean-Michel Maulpoix étant un représentant de la poésie moderne critique, celle d'un poète savant qui n'est jamais complètement au premier degré, qui fait preuve d'énormément de recul puisque des siècles, des millénaires de littérature et de poésie existent avant lui, également parce que le vingtième siècle est le siècle du soupçon qui empêche la naïveté primesautière. [...]
[...] Le déictique : « ce chagrin-ci » donne à voir ce que la mer exprime. On retrouve évidemment des réminiscences baudelairiennes dans l'expression d'une mer miroir de nous-mêmes : « La mer est ton miroir, tu contemples ton âme » dans Les Fleurs du Mal. La mer exprime l'indicible, l'ineffable, ce qui ne peut être dit, ce qui ne peut être raconté : « impossible bleu-lavande ». La fin de la phrase désigne un peu plus précisément ce que la mer exprime : « celui d'anciennes lettres d'amours et de mouchoirs trempés ». [...]
[...] L'expression suivante semble reprendre la même forme en continuant dans cette notion de vague. Cette partie de la phrase reprend l'ensemble « autre chose » pour le disloquer en « de choses et d'autres » : une expression à nouveau très vague. La mer renvoie également une notion de fragilité : « la fragile ardoises de ses clochers » (ligne la mer est comparée à une église, à un monument religieux. On retrouve en effet dans les différentes images proposées par le poète une certaine notion de fragilité, de fragilité à la fois physique et psychologique. [...]
[...] Le jeu sur les sonorités se retrouve véritablement tout au long du texte et notamment dans le paragraphe central ; « on prétend que le bleu perle sous sa paupière » avec l'allitération en de même que l'homéotéleute « folle » « désole » dans la même ligne avec la reprise du son On trouve ensuite une allitération en dans « rêvant pour rien de branches et de racines » (ligne 16-17) et à nouveau un peu plus loin dans « « Il lui plaît d'exciter leurs rires et leurs éclaboussures ». Ces sonorités que l'on retrouve dans plusieurs passages du texte avec une légère pause semblent véritablement mimer l'aspect de la mer qui se présente sous la forme de plusieurs vagues successives. La formule « fiévreux d'images et de rivages » est à nouveau un exemple du jeu sur les sonorités de la part de l'auteur Jean-Michel Maulpoix. [...]
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