Jean Genet, Marche funèbre, poésie, enfermement, création littéraire, esthétique, Baudelaire, Les Fleurs du Mal, processus de création, structure poétique, expérience carcérale, Maurice Pilorge, littérature française
Jean Genet, écrivain du XXe siècle, développe une oeuvre profondément marquée par l'enfermement, la marginalité et une fascination pour le crime.
C'est en 1942, alors qu'il est incarcéré à la prison de Fresnes, qu'il compose Marche funèbre. Ce poème naît d'un fait divers qui a profondément inspiré Genet, celui du destin de Maurice Pilorge, un jeune homme de vingt ans, guillotiné en 1939 pour le meurtre de son amant. Dans les six premières strophes, l'espace carcéral y est dépeint à la fois comme un lieu d'angoisse et de révélation.
[...] Ainsi, dans Marche funèbre, Genet fait du cachot un espace de création, point de départ d'une exploration intérieure qui mène à l'inspiration et à l'écriture poétique. Cette évolution repose sur une structure régulière, qui reprend l'idée de clôture tout en installant un mouvement proche d'une marche. Cette création s'accompagne d'une distance avec le monde extérieur. L'écriture s'impose alors comme nécessaire pour ne pas subir l'isolement. Cette démarche peut être rapprochée de celle des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, recueil né d'une volonté de transformer la laideur en objet esthétique. Dans les deux cas, une expérience de souffrance mène à une élévation poétique. [...]
[...] Le « flot d'encre si lourd » (v. 10) donne une matérialité à l'acte d'écrire. L'association avec « mon ?il et ma tempe » (v. relie cette encre au corps du poète. L'écriture prend ainsi une dimension intime. L'image « étoiles de fleurs » (v. 11) s'inscrit dans ce prolongement. Elle correspond à une transformation de cette matière initiale en une forme organisée. Le dernier vers, « La plume que j'y trempe » (v. ramène cet ensemble à un geste précis. [...]
[...] « Marche funèbre » - Jean Genet (1942) - L'expérience de l'enfermement et la création poétique Jean Genet, écrivain du XXe siècle, développe une ?uvre profondément marquée par l'enfermement, la marginalité et une fascination pour le crime. Pupille de l'Assistance publique, voleur récidiviste et homosexuel assumé à une époque où cela menait au ban de la société, Genet a passé une grande partie de sa jeunesse dans des colonies pénitentiaires et des prisons. Loin de nier cette marginalité, il en a fait le socle d'une esthétique subversive. [...]
[...] Ils sont associés au mouvement « mille tours » (v. « se pressent » (v. 20) et à « l'air libre » (v. 20). Cette opposition met en évidence deux situations distinctes : l'enfermement du poète et le monde extérieur qui continue d'exister sans lui. La sixième strophe développe une image plus énigmatique avec « l'enfant sans regard » (v. 22). Cette figure peut être rapprochée d'une présence menaçante. Le vers « crevant tant de peaux » (v. 23) introduit une violence directe, exprimée dans un registre concret. [...]
[...] et établissent un parallèle entre le lieu d'enfermement et le psychisme du reclus. Le terme « méandres » évoque un cheminement complexe, difficile à suivre, qui correspond à une exploration intérieure. Dans ce parcours, une forme d'organisation apparaît progressivement. L'expression « un mécanisme ayant du vers la ressemblance » (v. semble évoquer une construction. Elle est précisée par « l'exacte rigueur » (v. qui renvoie à la régularité formelle du poème. Cette rigueur se manifeste dans la structure des strophes. [...]
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