Le Menteur, Corneille, comédie, rire, vanité, satire, mensonge, morale, critique sociale, divertissement, morale humaine
La célèbre formule attribuée à Molière — corriger les moeurs en riant — pourrait-elle s'appliquer au Menteur de Corneille ? La pièce met en scène Dorante, jeune homme brillant et vaniteux, qui ment par goût de l'éclat et du paraître. Le spectateur rit de ses inventions, de leurs excès et des situations absurdes qu'elles provoquent. Pourtant, ce rire a-t-il une portée morale, ou se contente-t-il de flatter le plaisir du divertissement en moquant la vanité humaine ?
[...] Ainsi, le rire dans Le Menteur oscille entre critique et complaisance. Il éclaire les travers humains sans chercher à les éradiquer. Il amuse plus qu'il ne réforme. Dans Le Menteur, le rire repose largement sur la vanité humaine, dont Dorante offre une incarnation brillante et excessive. Ce rire, d'abord divertissant, possède néanmoins une portée morale : il met en évidence les dangers du mensonge et du paraître, et invite à un retour à la vérité. Toutefois, cette correction demeure douce et élégante. [...]
[...] Par ses remarques lucides, il souligne les dangers du mensonge et de la vanité. Le spectateur, invité à rire avec Cliton plutôt qu'avec Dorante, est amené à prendre une distance critique vis-à-vis du héros. Le dénouement confirme cette fonction morale du rire. Le retour à la vérité permet la restauration de l'ordre social et amoureux. Le rire n'est donc pas gratuit : il accompagne un apprentissage, celui de la nécessité de la sincérité et de la mesure dans les relations humaines. [...]
[...] Le Menteur - Pierre Corneille (1644) - Le rire dans Le Menteur sert-il à corriger les moeurs, ou n'est-il qu'un divertissement sur la vanité humaine ? Sujet : « Le rire dans Le Menteur sert-il à corriger les m?urs, ou n'est-il qu'un divertissement sur la vanité humaine ? » Depuis l'Antiquité, la comédie se donne pour mission de faire rire, mais aussi de faire réfléchir. La célèbre formule attribuée à Molière - corriger les m?urs en riant - pourrait-elle s'appliquer au Menteur de Corneille ? [...]
[...] Il invite le public à observer, avec amusement, les travers humains universels : l'orgueil, le désir de reconnaissance, le goût du paraître. En ce sens, la comédie semble avant tout proposer un divertissement spirituel, fondé sur l'ironie et la légèreté. Cependant, le rire n'est pas totalement dépourvu de visée morale. À force de mensonges, Dorante se retrouve piégé par ses propres inventions. Le comique devient alors une forme de sanction : le menteur est ridiculisé, mis en difficulté, et finalement contraint à l'aveu. La présence de Cliton, valet raisonnable et souvent moralisateur, renforce cette dimension corrective. [...]
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