Peter Pan, J.M. Barrie, enfance, pièce de théâtre, roman, rêve, imagination, identité, époque victorienne, psychologie de l'enfant, Freud, psychanalyse, développement de l'enfant, Psychologie, symbolisme, évolution, souvenir, réalité, mémoire
L'oeuvre naît dans l'Angleterre édouardienne, à un moment où la société victorienne érige l'enfant en modèle de pureté morale et d'innocence, mais où les bouleversements sociaux et familiaux éveillent aussi une inquiétude nouvelle : celle de la perte de cette même innocence. Barrie, marqué par la mort prématurée de son frère David et par une enfance restée en suspens, explore le paradoxe de la fascination pour l'âge enfantin et du refus de devenir adulte. Ainsi naît la figure de Peter Pan, enfant éternel qui règne sur le Pays imaginaire, territoire de rêve et de liberté.
[...] Peter Pan ou le garçon qui ne voulait pas grandir - James Matthew Barrie1911) - Dans quelle mesure les représentations de l'enfance dans Peter Pan révèlent-elles l'enfance à la fois comme un état d'émerveillement, mais aussi comme un moment de bascule identitaire et symbolique ? Littérature populaire comparée Esprit et figurations de l'enfance Publiée en 1911, Peter Pan ou le garçon qui ne voulait pas grandir est d'abord une pièce de théâtre écrite par James Matthew Barrie, dramaturge et romancier écossais. [...]
[...] Là où Peter cherche à figer l'enfance dans une éternité en s'exclamant « Je ne veux pas devenir un homme », Wendy accepte le passage du temps. Consciente du changement propre à l'adolescence, elle espère se voir changer. Les enfants perdus, eux aussi, représentent une forme de basculement entre enfance et âge adulte. Leur nom même évoque la fragilité de leur âge. Ils sont perdus, d'abord de ces parents qui ne semblent pas les chercher depuis qu'ils sont tombés de leurs landaus, mais aussi de Peter, cette figure de chef qui les a recueillis, mais qui serait prêt à les tuer s'ils s'affranchissent de lui pour chercher à se construire. [...]
[...] Dans l'univers des enfants perdus, chacun occupe un rôle précis, mimant une société miniature à laquelle Peter espérait pourtant leur faire échapper. Wendy, par exemple, incarne la figure maternelle, attentive et protectrice. Elle raconte des histoires et soigne les blessures. Son rôle, bien qu'issu du jeu, traduit déjà une conscience du futur. Peter, au contraire, refuse de participer à un tel jeu. Wendy atteint la maturité, mais Peter, lui, reste petit garçon : « C'est seulement pour de faux, n'est-ce pas, que je suis leur père ? » s'inquiète-t-il au sujet des enfants perdus. [...]
[...] Il ne connaît ni la nostalgie ni la tendresse, deux sentiments qui naissent du passage du temps. Le retour de Wendy à Londres marque un tournant décisif dans le récit. Après avoir goûté à la liberté du Pays imaginaire, elle comprend que ce monde merveilleux n'est pas fait pour durer. S'il a donné à Peter l'envie de rester pour toujours, il lui a au contraire donné à l'envie et l'élan de grandir. Son choix de revenir dans le monde réel n'est pas une trahison de l'enfance, mais une forme d'accomplissement. [...]
[...] Pour répondre à cette question, il faudra d'abord voir comment Barrie fait du Pays imaginaire le lieu par excellence de l'enfance, avant de montrer que cette enfance rêvée se transforme en un espace de transition. Enfin, la symbolique de ce passage sera interrogée : grandir, chez Barrie, n'est-il pas une autre manière de préserver l'enfance, en la transformant en récit ? Chez Barrie, l'enfance s'épanouit dans un monde affranchi des lois du réel. Le Pays imaginaire (ou du Jamais-Jamais) est le lieu principal de l'histoire, décrit comme « changeant selon les rêves de chacun ». [...]
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