Victor Hugo, Les Rayons et les ombres, lyrisme romantique, poésie, idéalisme, contemporanéité, individualité, civilisation, transcendance, matérialisme, antiquité, panthéons
Nous verrons dans les développements qui suivent les éléments caractéristiques de Victor Hugo du lyrisme romantique, tels qu'exposés par l'auteur lui-même dans sa préface, Les Rayons et les ombres (1840).
[...] La matérialité est d'ores et déjà idéalisée. Ainsi, pour décrire ce que d'autres montreraient comme un quotidien pouvant être perçu comme sordide, Victor Hugo évoque les panthéons, des tombeaux et ruines grandioses, la charité pour les pauvres, la tendresse pour les misérables. Ainsi, l'auteur ne s'appesantit pas sur ce qui peut être perçu comme misérable dans le quotidien de ses contemporains (pauvreté, famine, etc.), mais au contraire porte son regard sur ce qui ressort de bon dans le présent du lecteur. [...]
[...] Le poète au service d'une force supérieure Au-delà de l'élévation du lecteur, Victor Hugo désigne comme objectif ultime du lyrisme romantique le fait de se mettre au service d'une « ?uvre civilisatrice ». L'?uvre devrait ainsi garder une cohérence pour servir un but ultime, amener l'homme c'est-à-dire le lecteur vers « la splendeur de la création de Dieu ». Ainsi, au-delà de la multiplicité des poèmes, ceux-ci se doivent de constituer un corpus cohérent, tendant vers cet objectif ultime d'amener les hommes vers la connaissance et la compréhension de Dieu et de ses lumières civilisatrices. [...]
[...] Son ?uvre, prise dans sa synthèse, ressemblerait à la terre ; des productions de toute sorte, une seule idée première pour toutes les conceptions, des fleurs de toutes espèces, une même sève pour toutes les racines. » Nous verrons dans les développements qui suivent les éléments caractéristiques de Victor Hugo du lyrisme romantique, tels qu'exposés par l'auteur lui-même dans sa préface, Les Rayons et les ombres (1840). I. Le lyrisme romantique, entre contemporanéité et idéalisme 1. L'ancrage dans l'individualité et la contemporanéité Le point de départ pour Victor Hugo, selon cet extrait de la préface, Les Rayons et les ombres (1840), du lyrisme romantique est tout d'abord de s'ancrer dans la réalité de son lecteur. [...]
[...] Il s'agit là non seulement de s'ancrer au plus près de l'individu, mais également de son environnement, de son actualité. Ainsi, Victor Hugo entend faire comme théâtre du lyrisme non des évènements idéalisés ou ancrés dans la mythologie ou un passé idéalisé. Il met en exergue l'utilité d'attacher l'écriture aux évènements contemporains du lecteur. 2. Un idéalisme fortement présent Ce faisant, le lexique utilisé tend même à contredire ce propos, l'auteur utilisant un champ lexical lié à l'antiquité et aux poètes antiques en évoquant les « panthéons », le « sanctuaire », un « autel ». [...]
[...] C'est ainsi que Victor Hugo vise à amener le lyrisme au plus près du lecteur. Ce faisant, il ne perd pas de vue son objectif via le lyrisme, c'est-à-dire, en allant au plus près des hommes les amener par la poésie à transcender le moi matérialiste pour l'amener à l'élever. II. L'élévation de l'homme par la poésie 1. Le matérialisme de l'individu transcendé Il faut souligner que même lorsque Victor Hugo s'attache à décrire l'homme dans son individualité et sa contemporanéité, celui-ci utilise des champs lexicaux lyriques. [...]
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