Les Tragiques, Misères, Agrippa d'Aubigné, littérature médiévale, poésie, Catherine de Médicis, guerres de religion, sorcellerie, protestantisme, pouvoir royal, prophétie, morale humaine, bien et mal, déshumanisation, Satan, Belzébuth, destruction, chaos, vengeance, pamphlet, Bonaparte, illégitimité, exorcisme, corps, mort, violence, champ lexical, politique, conscience morale, personnification, dénonciation politique, réquisitoire, Dieu, trahison, peuple, mythologie, vérité, Victor Hugo
Au XVIe siècle, les guerres de Religion plongent la France dans une période de violences et de profondes divisions entre catholiques et protestants. C'est dans ce contexte qu'Agrippa d'Aubigné, soldat et poète engagé aux côtés de ces derniers, compose Les Tragiques. Dans ce long poème épique publié en 1616, il dénonce les crimes de son temps. Le livre I, intitulé « Misères », met en scène les souffrances du royaume tout en désignant les responsables de ce chaos.
[...] Par ailleurs, d'Aubigné insiste sur la violence concrète et physique des actes qu'il lui attribue. Le champ lexical de la mort et du corps est particulièrement présent : « les fosses des morts », « déterre les effroyables corps », « les os », « les moelles », « les graisses » (v. 907-918). L'évocation des « enfants innocents » (v. 917) renforce une fois de plus son indignation. Enfin, le vers 920, avec l'offrande à « Belzébuth » de leurs « innocentes peaux », cherche à prouver la trahison de la reine envers son peuple. [...]
[...] Cette dénonciation sert un double dessein, celle de discréditer le pouvoir royal en place et d'ériger le poète en prophète de la vérité, seul capable de lire le chaos du monde à travers le prisme de la foi protestante. Les Tragiques trouvent un écho, deux siècles plus tard, dans Napoléon le Petit de Victor Hugo (1852). Dans ce pamphlet, Hugo utilise une « poésie vengeresse » au même titre que d'Aubigné pour rabaisser Louis-Napoléon Bonaparte, qu'il surnomme « le Petit » afin de briser le prestige de son nom et dénoncer l'illégitimité de son pouvoir. Tout comme d'Aubigné, Hugo s'érige en conscience morale, transformant ainsi le dirigeant politique en une figure de l'infamie pour condamner sa politique. [...]
[...] Agrippa d'Aubigné associe la reine à une épidémie mortelle et à une divinité vengeresse de la mythologie. Le champ lexical de la contamination « peste » (v.889), « infecte » (v.890) « pestifère » (v.893) et de la destruction « les fleurs perdent d'un coup la vie (v.892), son toucher est mortel » (v.893) achève de souligner l'ampleur du mal qu'elle incarne. Par ailleurs, le poète opère une véritable déshumanisation en décrivant Catherine de Médicis comme une sorcière, ennemie de Dieu « idolâtrant Satan » (v. [...]
[...] Les Tragiques, Livre Misères - Agrippa d'Aubigné (1616) - En quoi ce portrait constitue-t-il une dénonciation politique particulièrement efficace ? Au XVIe siècle, les guerres de Religion plongent la France dans une période de violences et de profondes divisions entre catholiques et protestants. C'est dans ce contexte qu'Agrippa d'Aubigné, soldat et poète engagé aux côtés de ces derniers, compose Les Tragiques. Dans ce long poème épique publié en 1616, il dénonce les crimes de son temps. Le livre intitulé « Misères », met en scène les souffrances du royaume tout en désignant les responsables de ce chaos. [...]
[...] Catherine de Médicis est dépeinte comme maléfique, pratiquant la sorcellerie et causant la destruction autour d'elle. Ce portrait déshumanisant sert le poète qui y dénonce la politique de Catherine de Médicis de façon particulièrement virulente. Ayant trahi sa fonction première de protectrice du royaume, d'Aubigné met en scène une souveraine dont l'action politique est le contraire du Bien : elle est « diligente au mal, paresseuse à tout bien » (v. 887). En effet, Catherine de Médicis est désignée comme responsable du désordre généralisé qui ravage la France. [...]
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