CAPES, Les Cahiers de Douai, poésie, Rimbaud, guerre franco-prussienne, liberté, lyrisme, voyant, révolution, traumatisme, adolescence, littérature française, poète, XIXe siècle, Baudelaire, Paul Claudel, dualité poétique, témoignage, sensibilité, règles stylistiques
Le document répond au sujet du CAPES suivant :
« "La poésie est plus sensible qu'on ne le croit parfois aux bruits du temps et elle a en réalité une capacité particulière à témoigner, en les rendant poignantes, des aspirations et des violences des hommes dans l'histoire. Nul doute que, chez Rimbaud, les traumatismes liés à la guerre de 1870 puis à l'écrasement de la Commune rendent impossible la restauration (sous le signe du Parnasse) de l'ancien lyrisme.", écrit Jean-Nicolas Illouz dans son article "Rimbaud : mémoire de l'idylle".
Dans quelle mesure ces propos éclairent-ils votre lecture des oeuvres au programme (Recueil Demeny, Poésies 1870-1871) ? »
Oeuvres au programme du CAPES : Arthur Rimbaud, Recueil Demeny (1870), p. 29 à 62, et Poésies (fin 1870 - année 1871), p. 85 à 136, édition de Jean-Luc Steinmetz, Paris, Flammarion, GF, 2ème édition 2016.
[...] Ensuite, il met en avant la présence indéniable de l'influence historique et politique de son temps. Enfin, son recueil apparait comme le cri du c?ur d'un adolescent révolté face à la guerre, cri à la fois personnel et universel. La poésie pour la poésie, voilà une tournure qui caractérise l'idée de Rimbaud. Elle se détourne du lyrisme exacerbé du romantisme que Rimbaud n'apprécie guère. Le style, les sensations, les idées percutantes, c'est en réalité ce qui fait vibrer notre poète. [...]
[...] Recueil Demeny (Les Cahiers de Douai) ; Poésies - Arthur Rimbaud (1870-1871) - En quoi les ?uvres de Rimbaud Recueil Demeny et Poésies mettent-elles en avant une forme de dualité poétique où sensibilité poignante et témoignage historique vont de pair ? SUJET DE DISSERTATION « La poésie est plus sensible qu'on ne le croit parfois aux bruits du temps et elle a en réalité une capacité particulière à témoigner, en les rendant poignantes, des aspirations et des violences des hommes dans l'histoire. Nul doute que, chez Rimbaud, les traumatismes liés à la guerre de 1870 puis à l'écrasement de la Commune rendent impossible la restauration (sous le signe du Parnasse) de l'ancien lyrisme. », écrit Jean-Nicolas Illouz dans son article « Rimbaud : mémoire de l'idylle ». [...]
[...] Véritable outil d'expression de son époque, la poésie permet de montrer la prise de conscience juvénile de Rimbaud, autant qu'un message transmis aux générations du XIXe siècle. Dans sa célèbre lettre adressée à son ami Paul Demeny qui publiera d'ailleurs ses poèmes à titre posthume, il fait part de sa clairvoyance. Dans cette lettre par la suite appelée lettre du voyant, Rimbaud partage sa propre prise de conscience : « Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. /Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. [...]
[...] Le jeu sur l'abondance autant matérielle que physique est une dénonciation claire qui appuie ses prises de position. Un vent révolutionnaire souffle dans l'écriture du jeune poète. Liberté et influence de son époque se dessinent dans son ?uvre pour former une unité qui guidera sa pensée. La violence des combats ne nous est pas épargnée dans ses poèmes. Or, telle une révolution poétique, ces atrocités sont sublimées pour porter haut et fort son message. Dans le poème qui porte le titre évocateur du Mal, Rimbaud fait allusion de manière implicite aux troupes prussiennes, notamment grâce aux couleurs : « Tandis que les crachats rouges de la mitraille / Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ; / Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille, / Croulent les bataillons en masse dans le feu ». [...]
[...] / Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; / Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine / Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. » La mort apparait comme la finalité de cette guerre meurtrière qui tue même les plus fragiles. La révolte n'en est que plus universelle. Alors que Rimbaud cherche avant tout à émouvoir, il n'en oublie pas son côté provocateur. Comment passer à côté de sa fameuse Vénus dans Vénus Anadyomène qui sortant de l'eau révèle toute son immondice : « Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ; / - Et tout ce corps remue et tend sa large croupe / Belle hideusement d'un ulcère à l'anus. » Il casse les codes de la beauté autant qu'il le fait avec les codes poétiques. [...]
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