Littérature lesbienne, écriture subversive, désir lesbien, queer, hétéronormativité, femme lesbienne, Andrea Abreu, Eva Baltasar, Txus Garcia, Laura Arnès, communauté LGBTQIA+, identité lesbienne, visibilité, littérature espagnole, désir, stratégie d'écriture
Au cours des vingt dernières années, de nombreuses productions littéraires dans le monde hispanophone ont « visibilisé » les identités des personnes issues de la communauté LGBTQIA+. Malgré les progrès culturels et politiques, la visibilisation des identités lesbiennes et de leurs désirs reste relativement marginale. Pourtant, certains ouvrages parus ces dernières années, tels que La soeur que j'ai toujours voulue d'Andrea Abreu (2022), Permafrost d'Eva Baltasar (2020) et les Poems Queer de Txus Garcia (2021), permettent de mieux cerner les tenants de cette réalité. Dans une première partie, alors que nous avons réalisé une écriture d'invention mettant en avant une histoire naissante entre deux personnages lesbiens, nous tenterons dans une seconde partie de présenter une analyse des choix d'écriture faits en précisant l'inspiration m'ayant amené à faire ces choix (lectures notamment), les difficultés de mise en oeuvre et les interrogations théoriques et métalittéraires sur ce sujet.
[...] Castro, Elena (2014), Poesía lesbiana queer. Cuerpos y sujetos inadecuados, Barcelona, Icaria Cordone, Gabriela (2024), "El imaginario lésbico en escena: tránsitos por la historia y la memoria", en Béatrice Bottin (éd.), Las artes escénicas como patrimonio del ámbito hispánico. Siglo XXI, Berlin / Frankfurt / Bern, Peter Lang (213-222) Lavergne, (2021), « Txus García, poète rhapsode queer ». Poésie pour bonnes petites filles et La tendresse des noyés. Turbiau, A., Lachkar, A., Islert, C., Berthier, M. et Antolin, A. (2022). Écrire à l'encre violette Littératures lesbiennes en France de 1900 à nos jours. [...]
[...] Ce désir lesbien est aussi représenté par l'envie sexuelle et l'acte sexuel. Le représenter apparaît également comme une représentation subversive des amoures lesbiens. La chercheuse Lucie Lavergne avait notamment montré que la représentation des corps décomplexés et des corps rebelles étaient mis en avant dans la poésie de Txus Garcia. On retrouve également plusieurs fois ces corps rebelles dans la s?ur que j'ai toujours voulu. La narratrice souligne par exemples les expérimentations sexuelles des deux amies : « D'un coup on s'est arrêtées, je me suis retrouvée au-dessus d'elle, et sans faire exprès j'ai un peu frotté ma culotte contre la sienne et elle aussi elle a frotté sa culotte contre la mienne. »6 puis « Et pis je me frottais, pour la première fois je me frottais toute seule, sans elle, mais en imaginant qu'elle était à côté de moi. »7. [...]
[...] La mise en scène d'un désir lesbien omniprésent et dévorant La littérature lesbienne et queer espagnole fait assez peu de concessions, quant à la place du désir qui semble omniprésent et dévorant dans la narration. Nous retrouvons cette thématique dans les 3 ouvrages. Cette omniprésence passe par exemple par l'obsession pour une autre femme, élément narratif que j'ai souhaité retranscrire dans mon écrit. Cela fait référence à l'obsession de la narratrice dans l'ouvrage la s?ur que j'ai toujours voulue. Dans cet ouvrage, l'occurrence du prénom Isora revient plus de 400 fois. [...]
[...] Stratégies d'écriture du désir lesbien et queer dans la littérature espagnole Ecriture d'invention - Stratégies d'écriture du désir lesbien et queer dans la littérature espagnole Première partie : Création inventive Après mes études d'art, j'avais commencé à fréquenter Mercedes. On s'est rencontré chez ma meilleure amie Maria, lors d'une fête d'anniversaire. A cette fête, je n'ai eu d'yeux que pour Mercedes, j'en étais troublée ? j'étais venue avec mon petit ami du moment Pablo. Mercedes avait quelque chose de très magnétique : ses yeux de chat, son sourire malicieux, sa présence éclatante, son rire coquin et un débit de parole très rapide qui montrait qu'elle aimait croquer la vie à pleines dents. [...]
[...] Bien qu'elle n'affirmait rien et ne disait rien, je la sentais devenir de plus en plus amoureuse ou dépendante, je ne sais pas Alors, j'ai commencé à prendre mes distances. Dans les premiers temps, j'ai d'abord prétexté que j'étais retenue plus longtemps pour la préparation de mes vacations, dit que Pablo était malade et que je souhaitais être à ses côtés pendant ces quelques jours, que l'anniversaire de mon oncle était prévu chez mes parents à Guadalaraja pendant plusieurs jours. Elle avait compris Elle avait presque compris avant moi. J'avais peur ? Peur de quoi ? Je ne sais pas. D'aimer et de désirer Mercedes. [...]
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