Lamartine, Voyage en Orient, Gérard de Nerval, Chateaubriand, romantisme, quête spirituelle, ésotérisme, deuil, crise existentielle, introspection, Orient, Europe, littérature de voyage, récit de voyage, prose descriptive, lyrisme, réflexion philosophique, républicanisme, politique, XIXe siècle, Liban, Syrie, registre littéraire, Victor Hugo, récit, orientalisme, mort, foi, miroir de l'âme, infini, écriture poétique, poésie, écriture philosophique, méditation
Ce mémoire vise à démontrer que "Voyage en Orient" de Lamartine est bien plus qu'un simple récit de voyage : c'est une oeuvre vivement réflexive et méditative, où la multiplicité des registres littéraires permet de transcender les frontières entre le témoignage personnel, la quête spirituelle et l'exploration de l'altérité.
Ainsi, ce travail entend non seulement la richesse et la complexité de l'oeuvre de Lamartine, mais aussi les enjeux universels qu'elle soulève, et offrir ainsi une contribution originale à l'étude de la littérature romantique et des récits de voyage.
[...] C'est le propre de l'être humain et il serait méprisant de penser que seuls les écrivains, les poètes se caractérisent par l'utilisation du langage même s'ils se montrent évidemment particulièrement, habiles dans ce domaine et en premier lieu le poète Alphonse de Lamartine qui témoigne d'une grande inspiration poétique comme nous avons pu le voir dans ce passage particulièrement significatif. « Les deux nefs latérales qui formaient la croix de l'ancienne église sont constituées en chapelles particulières ; l'une appartient aux Arméniens, l'autre aux Latins. Au centre est le maître-autel, placé immédiatement au-dessus de la grotte ; le ch?ur en est séparé par une grille et un pan de boiserie dorée qui cache le sanctuaire des Grecs31 ». [...]
[...] On peut donc avoir le sentiment que dans une certaine mesure, l'expérience que vit Alphonse de Lamartine est une expérience qui revêt des aspects pascaliens dans la mesure où il se retrouve seul face à lui-même, face à la condition fragile de son existence, notion qui constitue par ailleurs un des grands aspects de la littérature romantique. On peut donc être effectivement touché par la mélancolie qu'exprime Alphonse de Lamartine dans ce passage. On remarque cependant à la fin de ce passage qu'il n'en perd pas cependant sa capacité à se mettre à la place des autres, et notre travail nous aura donc permis de quelque peu bousculer cette idée selon laquelle le romantique Alphonse de Lamartine serait un être avant tout tourné sur lui-même puisqu'il réfléchit de façon avant-gardiste sur la condition féminine. [...]
[...] On remarque d'ailleurs qu'il emploie une synecdoque pour exprimer ce qu'il ressent. Plutôt que d'utiliser la première personne du singulier, il va utiliser le terme « c?ur ». Ce qui participe également à la tonalité élégiaque du passage est le rythme ternaire très fréquent dans ce passage. L'allitération en « v », « vie » occurrences), « vide des villes » confère une certaine musicalité également au passage. Lorsque l'écrivain évoque son souhait d'une « éternelle navigation », nous pouvons avoir le sentiment qu'il cherche en quelque sorte à oublier son mal-être dans une sorte de fuite en avant. [...]
[...] Dans certains passages de l'?uvre, il est capable de décrire la trajectoire de son voyage dans un style rapide et dynamique qui ne laisse pas nécessairement de place à l'introspection. C'est ce que nous pouvons constater dans la section intitulée « Damas » et plus précisément dans ces lignes qu'il écrit le 6 avril 1833 : « Partis de Damas à huit heures du matin ; traversé la ville et les bazars encombrés par la foule ; entendu quelques murmures et quelques apostrophes injurieuses : on nous prend pour des renforts d'Ibrahim. [...]
[...] L'Orient comme miroir spirituel et poétique : une échappatoire qui devient un espace de méditation D'une façon qui correspond bien au tempérament romantique, la contemplation du paysage est souvent l'occasion pour Lamartine d'explorer ses propres tourments intérieurs. Lamartine retrouve dans le paysage que lui offre la nature un écho à ce qu'il ressent au fond de lui : « J'ai rarement senti aussi profondément la beauté spéciale des vues de montages, beauté triste, grave et douce, d'une tout autre nature que les beautés de la mer ou des plaines ; - beauté qui recueille le c?ur, au lieu de l'ouvrir, et qui semble participer du sentiment religieux dans le malheur ; - recueillement mélancolique, - au lieu du sentiment religieux dans le bonheur : expansion, amour et joie » (p. [...]
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