Psychanalyse, Freud, Didier Anzieu, Le Moi-peau, expériences sensorielles, Lacan, pensée, miroir sonore
« Le moi est avant tout un moi corporel, il n'est pas seulement un être de surface, mais la projection d'une surface », écrira Freud en 1923. Insistons donc, pour débuter ce travail, sur l'aspect toujours paradoxal de la notion de corps en psychanalyse. Le corps - le tangible, immédiatement figurable, qui prend place dans un espace délimité, est aussi une surface d'inscription. Inscription de la psyché dans un espace qui lui serait propre, le moi serait le produit d'impressions corporelles. Comment mieux penser cette intrication du psychique et du corporel que par le biais de la métaphore du moi-peau ? En effet, toute l'entreprise du psychanalyste Didier Anzieu est de poser avec cette « réalité d'ordre fantasmatique » la genèse de la pensée telle qu'elle s'origine depuis le corps, depuis les sens. « Je voudrais mettre en évidence l'existence, plus précoce encore, d'un miroir sonore, ou d'une peau auditivo-phonique, et sa fonction dans l'acquisition par l'appareil psychique de la capacité de signifier et puis de symboliser » (Anzieu, 1985).
Nous chercherons donc à démontrer l'efficacité de la notion de « miroir sonore » dans l'acquisition du « penser ».
[...] Cette indistinction primaire permet à la mère de faire office de part-excitation et qui assure à l'infans si tout se passe bien, une « enveloppe sécurisante » (Anzieu, 1985). Cet état de dépendance primaire est dépassé pour Anzieu, dans une étape où le fantasme d'une peau arrachée, détachée est prégnant. L'infans commence alors à intérioriser ce qui lui arrive de l'extérieur, à acquérir un monde psychique peuplé de ses perceptions qui lui arrivent désormais comme être détaché du premier autre secourable. Ainsi dans la métaphore d'Anzieu, l'infans par cette dialectique du moi-peau, par ses fonctions ambivalentes, va acquérir la capacité de signifier à l'autre un désordre corporel, affectif. [...]
[...] Cet « enchantement primordial » (Anzieu, 1985), ce sentiment « d'harmonie » entre lui et l'espace est ce qui permettra un premier rempart contre l'angoisse. L'enfant en forgeant les limites de son corps grâce à ce « miroir acoustique » (Anzieu, 1985) acquiert la capacité de se représenter très précocement dans son développement, les injonctions, les « voix » qui l'entourent ; il forme un « berceau » contenant. Il assure une partie des fonctions du Moi-peau, rend cette « réalité fantasmatique » (Anzieu, 1985) du moi-peau possible. Nous voyons ainsi que la notion de « miroir sonore » (Anzieu, 1985) est opérante pour tenter de comprendre le développement la capacité à symboliser. [...]
[...] Bibliographie : - Anzieu, Didier, Le moi-peau, Dunod [1985]. - Cárdenas de Espasandín, Marta, « L'importance du sonore et la notion d'enveloppe, in La berceuse, Eres, 2008. - Castarède, Marie-France, « L'enveloppe sonore » in Psychologie clinique et projective, Eres 2001/1, n° 7 - Chabert, Catherine, Didier Anzieu, PUF, 1997. - Freud, Sigmund, Le moi et le ça, PUF [1923]. - Lacan, Jacques, « Le stade du miroir comme formateur de la fonction du je, telle qu'elle nous est révélée dans l'expérience analytique », Ecrits, Seuil [1949]. [...]
[...] Quelle est l'efficacité d'un miroir sonore dans l'acquisition, par l'appareil psychique, de la capacité de signifier puis de symboliser ? « Le moi est avant tout un moi corporel, il n'est pas seulement un être de surface, mais la projection d'une surface1 », écrira Freud en 1923. Insistons donc, pour débuter ce travail, sur l'aspect toujours paradoxal de la notion de corps en psychanalyse. Le corps - le tangible, d'immédiatement figurable, qui prend place dans un espace délimité est aussi une surface d'inscription. [...]
[...] Nous chercherons donc à démontrer l'efficace de la notion de « miroir sonore », dans l'acquisition du « penser ». Après une brève analyse et définition de ces fonctions nous chercherons à faire le lien avec la capacité de signifier et de symboliser nous découvrirons enfin que ces notions métapsychologiques qui ont une incidence clinique, permettent de faire le lien entre psychanalyse psychogénétique et structurale. Didier Anzieu soutient que le Moi-peau a trois fonctions. Une première fonction est contenante et unifiante pour le Moi, une fonction protectrice et une fonction d'interface, d'échange et d'inscription5 (Anzieu 1985, pp. [...]
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