Lettres Arts et Sciences Humaines, Histoire et civilisations, historiographie africaine, histoire nationale africaine, historiographie coloniale, eurocentrisme, afrocentrisme, décolonisation
Dans son ensemble, l'historiographie peut être définie comme la manière de produire les connaissances ou d'écrire l'histoire d'un peuple, d'un continent, d'une région, d'une civilisation, etc. Ainsi l'historiographie coloniale et l'historiographie nationale se distinguent par leur origine, leur visée et leurs représentations du passé africain. L'historiographie coloniale correspond aux récits et aux méthodes adoptées par les empires européens (Britanniques, Français, etc.) pour décrire l'Afrique pendant la période coloniale. Elle servait souvent à justifier la conquête, en présentant les Africains comme « sauvages » à civiliser et en insistant sur la supériorité européenne. Par contre, l'historiographie nationale, née dans les luttes anticoloniales et après les indépendances, cherche à réécrire l'histoire du point de vue africain. Elle s'attache à valoriser les sociétés précoloniales, à déconstruire les stéréotypes coloniaux et à forger une mémoire nationale pour les États africains postcoloniaux. En quoi les historiographies coloniale et nationale proposent-elles des visions divergentes de l'histoire africaine, et quels sont les enjeux de cette opposition ?
[...] L'historiographie coloniale Versus l'histoire nationale africaine INTRODUCTION Le terme historiographie relève une définition polysémique selon les dictionnaires et auteurs. Selon le dictionnaire LAROUSSE, l'historiographie provient du grec « historiographia » désignant ainsi « l'ensemble des documents écrits relatifs à une question ». Le terme historiographie a trois acceptations indispensables : l'art d'écrire l'histoire, L'ensemble des ?uvres historiques produites par une époque donnée ou par une discipline et le regard historique porté sur cette production et qui s'intéresse à l'évolution des méthodes d'investigation de l'historien et à ses modes d'écriture. [...]
[...] Une initiative majeure, le projet de l'Histoire Générale de l'Afrique (HGA) de l'UNESCO, a été lancée en 1964 et publiée entre 1980 et 1999. L'émergence de l'historiographie nationale africaine est inextricablement liée aux processus politiques de décolonisation et à la montée des mouvements nationalistes. Cela démontre que l'histoire n'était pas seulement une discipline académique, mais un projet politique et culturel crucial visant à la « réappropriation de l'histoire africaine » et à l'« affirmation de l'identité culturelle du continent ». [...]
[...] Cela révèle que la décolonisation de l'histoire est un projet multifacette qui inclut nécessairement une réforme pédagogique. Cela souligne l'importance profonde de l'éducation dans la transmission de la compréhension historique et la formation des perspectives des futurs citoyens sur leur passé, leur identité et leur place dans le monde. La contestation des manuels est un microcosme de la lutte plus large pour la vérité historique, l'autodétermination et le démantèlement des mentalités coloniales persistantes. C. ZONES DE CONTACT ET D'INFLUENCE RÉCIPROQUE Au cours de la dernière décennie, les perspectives ont considérablement évolué des deux côtés, rendant les échanges de plus en plus possibles et fructueux. [...]
[...] L'insistance de l'historiographie coloniale sur le « culte du document écrit » se présentait comme un engagement envers la rigueur scientifique. Cependant, cette méthodologie était appliquée de manière sélective, conduisant à l'exclusion délibérée de sources africaines cruciales telles que les traditions orales et l'archéologie. Ce paradoxe révèle que la méthodologie choisie n'était pas neutre, mais un outil stratégique pour renforcer un agenda idéologique préexistant : l'eurocentrisme et la négation de l'argentinité historique africaine. La façade « scientifique » masquait un projet politique. [...]
[...] Cela signifie que la décolonisation de l'histoire n'est pas un événement singulier ou une simple correction de faits, mais une transformation fondamentale et continue des cadres épistémologiques. Elle exige une auto-réflexion critique constante au sein de la discipline pour identifier, contester et démanteler les biais coloniaux profondément enracinés, même ceux reproduits inconsciemment dans la recherche contemporaine. II/ HISTORIOGRAPHIE NATIONALE AFRICAINE : QUÊTE D'UNE VOIX AUTONOME Cette section explore l'émergence des récits historiques centrés sur l'Afrique, en décrivant leurs caractéristiques fondamentales et en examinant les méthodes employées ainsi que les défis rencontrés pour établir une voix historique africaine autonome. [...]
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