France, Afrique, Europe de l'Est, pays en développement, immigration, mondialisation, occident, femmes immigrées, migration, déclassement professionnel, qualification professionnelle, minimisation des coûts, insertion professionnelle, marché du travail, mobilité sociale, intégration professionnelle, diaspora, échec professionnel, classe sociale, identité culturelle, reconversion professionnelle, migration postcoloniale, Précarité, discriminations raciales, discriminations de genre
Pauline Vallot est une chercheuse et maîtresse de conférences à l'Institut de recherche sur l'éducation et à l'institut Convergences Migrations. [...]
L'objectif de cet article est de comprendre comment et pourquoi les immigrants économiques hautement qualifiés (capital académique) des anciennes colonies françaises se voient contraints d'occuper pour la plus grande majorité d'entre eux des métiers rétrogrades vis-à-vis de leurs qualifications.
[...] Or, c'est l'aspect matériel qui est principalement voire uniquement considéré par l'entourage, et les possibilités matérielles qu'offre une vie en France y compris en cas de déclassement professionnel. III. Analyse critique / commentaire Cette configuration révèle plusieurs phénomènes relatifs à la mondialisation et aux nations occidentales qui en bénéficient au détriment d'un bon nombre de pays en retard (ou dit en développement). En effet, les économies des pays en développement étant exsangues, dans l'incapacité d'offrir des opportunités d'emplois adéquats à ses jeunes diplômés, ces derniers se voient contraints de chercher des opportunités d'emplois à l'étranger (notamment en Occident). [...]
[...] Cela s'illustre notamment par leur surreprésentation dans les emplois relevant des catégories sociales populaires, des fonctions nécessitant un faible niveau de qualification De plus, cette discrimination est amplifiée selon le genre, la zone géographique d'origine. On pourrait même dire l'existence d'une classification tacite selon le genre et l'origine des personnes immigrées. Ainsi, les femmes originaires d'Afrique subsaharienne francophone sont les plus numériquement surreprésentées dans les emplois sous qualifiés comparativement aux femmes maghrébines et d'Europe de l'est. Celles-ci subissent également le déclassement professionnel mais de manière nettement moins systématique que leurs homologues d'Afrique subsaharienne. [...]
[...] Se faire petit·e en Europe, tenir son rang en Afrique, tactiques localisées de diplômé·es du supérieur déclassé·es suite à la migration. Dans critique internationale (2024/4 n°105). https://shs.cairn.info/revue-critique-internationale-2024-4-page-81?lang=fr&tab=resume II. Synthèse de l'article En recourant aux statistiques des institutions nationales de statistiques (Insee) des années 2003 à 2012, Pauline Vallot étudie un phénomène socio-économique qui perdure depuis plusieurs décennies : en effet, sur un échantillon basé sur plusieurs générations, Pauline Vallot étudie le déclassement professionnel des immigrés qui se sont établis en France des années 1980 et les années 2020. [...]
[...] On pourrait même dire qu'un tel déclassement a été très longtemps toléré. Aussi, il serait pertinent de saisir comment ce déclassement est perçu par la famille restée " au pays " (les proches). Comment ces immigrants communiquent ce déclassement auprès de ces familles ? Enfin, l'étude minutieuse des profils types des principaux concernés : y a-t-il des discriminations plus fortes selon la provenance des zones géographiques (Maghreb, Afrique subsaharienne, Europe de du genre (femmes, hommes). Pauline Vallot s'attelle à répondre à tous ces questionnements dans son article scientifique. [...]
[...] Les femmes immigrantes en provenance d'Europe de l'ouest ne sont pas sérieusement concernées par ce fléau. Ensuite, on peut établir le même classement ethno-géographique pour les hommes, rudement impactés par ce fléau mais de manière moins systématique que la gent féminine. Cette discrimination est selon Pauline Vallot le reflet d'une hiérarchisation des qualifications selon le pays d'origine (zone géographique d'origine), des barrières administratives et des discriminations ethniques. Comment ce déclassement est-il perçu dans le pays d'origine ? La doxa pourrait logiquement penser à un sentiment de honte, voire de déni à l'égard des proches du pays de départ. [...]
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