De la justification Les économies de la grandeur, Luc Boltanski, Laurent Thévenot, honnêteté, bonheur, cité industrielle, grandeur civique, manipulation, relation de pouvoir, compromis, reconnaissance sociale, tromperie affective
Boltanski et Thévenot ont sorti une théorie où ils veulent tout comprendre sur comment les gens gèrent les contradictions dans la société. L'idée, c'est de trouver un compromis pour trouver un terrain d'entente. Ils cherchent donc à savoir comment on fait pour que tout le monde soit à peu près content, sans que ça parte en conflit.
[...] Est-ce que c'est de la grandeur ou juste une servitude ? Rousseau nous met en garde quand il dit que cette dépendance, même déguisée en amitié ou en faveur, n'est jamais loin de l'humiliation. En fait, c'est une comédie où tout le monde se joue de tout le monde. Mais l'injustice commence toujours par là. Cette fausse égalité se transforme en dépendance affective, on comprend pourquoi Rousseau fait tout pour garder ses distances. On est prisonnier des honneurs et des regards flatteurs. [...]
[...] On est dans l'idée que pour que la société tienne debout, il faut une certaine grandeur (une espèce de vertu publique). Mais le problème, c'est que tout le monde veut tirer la couverture à soi (agir pour ses propres intérêts). Les gouvernants doivent être des citoyens exemplaires, des modèles de probité. Sinon, ils finissent par manipuler tout le monde avec des fausses apparences de vertu. En réalité, ils se soucient juste de leurs petites affaires privées. Ça devient toxique parce que les gens finissent par ne plus distinguer ce qui est vraiment bon pour la communauté et ce qui n'est que du vent pour garder le pouvoir. [...]
[...] Mais la vraie question c'est est-ce qu'on peut vraiment réduire les interactions humaines à des engrenages sociaux bien définis ? Moi, je dirais que c'est un peu réducteur. La société, c'est plus désordonné que ça : avec ses imprévus, ses conflits, ses émotions. La perfection qu'ils cherchaient reste un idéal. Un peu comme vouloir une vie sans aucun drame (et on sait tous que ça n'arrive jamais). Pour lui, l'idée de la « cité industrielle » est une question de rendement, d'efficacité et de hiérarchie. Les citoyens sont divisés en classes avec des rôles spécifiques : les travailleurs productifs et les dirigeants « intelligents. [...]
[...] - Les intellectuels, souvent englués dans des demi-sciences. Ils se méprisent mutuellement. C'est une guerre des égos. En gros, chacun pense qu'il détient la vérité. On est plongé dans Saint-Simon, Condillac, Comte et les débuts de la sociologie. Il faut dire qu'ils étaient bien avant-gardistes avec leurs visions mécaniques de la société comme une sorte d'organisme vivant. Saint-Simon, avec sa « physiologie sociale », avait une métaphore assez intéressante : les sociétés sont comme des machines organisées, avec des organes et des fonctions. [...]
[...] - Donc, je dirais que tout ce qui tourne autour de l'honneur et de la grandeur, c'est une vaste mise en scène sociale. On vit dans un monde où les gens cherchent désespérément à être validés par les autres, comme si l'honneur n'existait que dans le regard des autres, et non dans notre propre estime de soi. Tu veux être « grand » ou « respectable » ? Tu n'as pas vraiment le choix, il faut passer par le filtre de la reconnaissance sociale. Boltanski montre bien que l'honneur, ce n'est pas toujours synonyme de mérite. [...]
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