Aéroports de Paris, Française des Jeux, loi PACTE, privatisation, déficit public, opération financière
La loi pour la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte, votée en juin 2018, prévoit la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) pour le courant de l'année 2020. Plus précisément, il s'agit de vendre les infrastructures des aéroports parisiens, ainsi que les droits d'exploitation associés. L'État, détenteur à l'heure actuelle d'environ 50% du capital de cette société anonyme, espère collecter un montant substantiel lors de la vente de ses titres, estimé à 9 milliards d'euros. Selon la cote officielle de la Bourse de Paris, le montant des actions d'ADP détenues par l'État s'évaluait, en effet, à 8,6 milliards d'euros, début novembre 2019.
[...] Tout d'abord, le projet de privatisation d'ADP fait l'objet d'une forte contestation au sein de la société civile. Plusieurs partis politiques PCF, EELV, Générations, etc.) et médias (Fakir, Le vent se lève, etc.) ont publié en novembre 2019 un clip commun pour s'opposer à la privatisation d'ADP. Au sein de l'opinion publique, il n'existe pas non plus de consensus quant à la pertinence de cette opération financière. Près de 877000 électeurs français ont déjà affiché leur soutien au « projet de loi pour la tenue d'un référendum sur la privatisation, ou non, du groupe ADP »5. [...]
[...] Schumpeter, pour saluer l'importance cruciale en termes de croissance économique. Le dernier argument en faveur de la privatisation d'ADP est avancé par l'économiste Serge Blondel4. Selon lui, puisque la privatisation prend la forme d'une concession - l'Etat récupèrera l'exploitation d'ADP dans 70 ans on peut s'attendre à une modernisation des aéroports parisiens qui bénéficiera à l'ensemble des usagers certes, mais aussi à l'Etat qui pourra réaliser une plus-value importante à l'issue du contrat. II. La privatisation d'Aéroports de Paris soulève malgré tout des interrogations et appelle à la prudence Malgré les arguments exprimés en faveur d'une privatisation d'ADP, celle-ci soulève des interrogations, notamment au sein de l'opinion publique et son intérêt ne fait pas consensus auprès des économistes. [...]
[...] La privatisation d'Aéroports de Paris un échec ? I. La privatisation d'Aéroports de Paris comme une chance pour l'Etat La loi pour la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte, votée en juin 2018, prévoit la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) pour le courant de l'année 2020. Plus précisément, il s'agit de vendre les infrastructures des aéroports parisiens, ainsi que les droits d'exploitation associé. L'Etat, détenteur à l'heure actuelle d'environ 50% du capital de cette société anonyme, espère collecter un montant substantiel lors de la vente de ses titres, estimé à 9 milliards d'euros1. [...]
[...] Dans le cas de la privatisation d'ADP, il s'agira de la banque américaine Bank of America. En outre, bien que la privatisation se concrétise par un surplus de recettes fiscales, il ne faut pas omettre de l'analyse les pertes annuelles à venir pour l'Etat. En effet, en tant qu'actionnaire principal d'ADP, l'Etat perçoit des dividendes annuels, d'autant plus qu'ADP est une société réalisant quasi-systématiquement des bénéfices. Ainsi, l'Etat a reçu 261 millions d'euros au titre des dividendes de l'année 20177. [...]
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