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Dans ce passage, Cesare Mattina décrit les pratiques clientélistes utilisées par les élus marseillais afin de conserver leurs relations avec les électeurs. On observe que celles-ci sont présentes dans toutes les mouvances politiques et s'affranchissent des logiques partisanes. L'auteur montre que c'est finalement la réponse aux demandes sociales qui permet l'ancrage sur un territoire donné, en mettant parfois en place des instruments institutionnels au service du clientélisme.
[...] Nous verrons que dans ce texte, Cesare Mattina met en avant plusieurs facteurs expliquant l'ancrage politique de certaines familles sur des zones précises. Il montre néanmoins que ces logiques reposent avant tout sur l'héritage des pratiques clientélistes, ce qui n'est pas uniquement valable pour expliquer l'ancrage des familles mais de toute machine politique, à gauche comme à droite. L'auteur montre que ces pratiques se sont généralisées grâce à la monopolisation de ressources publiques et se sont maintenant institutionnalisées. I. Différents facteurs qui expliquent le succès des machines politiques À Marseille, l'auteur montre que certaines familles perdurent sur des territoires spécifiques, au sein des mêmes arrondissements ou des mêmes circonscriptions électorales pendant plusieurs décennies. [...]
[...] On peut par exemple se demander si celles-ci, en représentant une dépolitisation et une décentralisation de l'action sociale dans ces circonscriptions, ne correspondent pas finalement aux attentes des populations vis-à-vis des collectivités locales. Une collectivité locale n'a-t-elle donc pas pour objet d'être plus proche des citoyens ? Par ailleurs, on peut se demander, dans la mesure où cette politique clientéliste serait néfaste, quelle pourrait être la solution de l'état central en vue de la limiter. Enfin, on peut se questionner quant à la logique de transmission ou de persistance de ce type de mandats politiques dans le temps au regard des nouvelles dynamiques de mobilité des populations ou de désintéressement de la politique de la part des jeunes générations. [...]
[...] Un clientélisme institutionnalisé Sur des territoires tels que les mairies d'arrondissement de Marseille, on constate une organisation particulière de la réponse aux demandes sociales, toujours basée sur l'utilisation des ressources publiques. Depuis 1995, ces mairies sont devenues des lieux de permanence. Une articulation est mise en place à l'intérieur de ces machines politiques avec le « leader » ou la mairie centrale pour avoir accès à ces ressources via des demandes ponctuelles. Les permanences sont mises en place pour répondre aux demandes sociales. [...]
[...] Le clientélisme y est fortement répandu et les ressources sont mobilisées via cette stratégie d'articulation entre le national et le local qui permet d'avoir la main sur de nombreux fonds aux collectivités territoriales. Cela permet d'augmenter les financements, les emplois et les soutiens aux projets locaux. Une mobilisation des ressources municipales vient compléter la réponse aux demandes sociales dans l'objectif de satisfaire les attentes des électeurs. Les maires d'arrondissement font des demandes à la mairie pour des logements ou l'attribution d'emplois publics. Cette organisation clientéliste reposant sur des ressources publiques s'est institutionnalisée avec le temps pour mettre même place des mécanismes de réponse aux demandes sociales. [...]
[...] Comment expliquer ce phénomène de personnalités politiques issues d'une même famille ? Cesare Mattina l'explique par une valorisation de la politique au sein même de l'entourage familiale qui explique que les descendants de personnalités politiques ancrées sur certains territoires entrent plus facilement en politique sur ces mêmes découpages électoraux. Dans le cas de la famille Masse à Château-Gombert, Christophe Masse (conseiller général des Bouches-du-Rhône, conseiller municipal de la ville de Marseille, ancien député de la 8e circonscription) a hérité des mandats de son père, qui les avait lui-même hérité de deux générations de parents socialistes avant lui. [...]
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