Robert Michels, partis politiques, démocratie, oligarchie, sociologie, psychologie sociale, pouvoir, leadership professionnel, lutte des classes
Dans ce livre, Michels aborde la nature oligarchique des démocraties, d'un point de vue psychologique et sociologique. L'auteur cherche à comprendre pourquoi il semble que même les organisations les plus prétendument égalitaires et démocrates, les groupes socialistes et révolutionnaires de l'Europe du 19e début du 20e siècle, qui se considéraient comme les héritiers du "liberté, égalité, fraternité" de la Révolution française, tous semblaient appartenir à des organisations oligarchiques où les chefs de partis mettaient leurs propres intérêts avant la volonté générale des masses.
[...] Les effets du pouvoir sur la psychologie de la direction. Ainsi, l'avènement du "leadership professionnel" marque le début de la fin de la démocratie. Michels insiste sur la transformation psychologique qui accompagne un changement de statut. En effet, l'auteur met en avant le fait que comme les intérêts des spécialistes se heurtaient à ceux de la "masse", les décisions importantes du parti socialiste étaient prises lors de réunions secrètes des comités du parti. Mais la principale contradiction vient du fait que les socialistes révolutionnaires ont à un moment donné accepté de légitimer l'institution bourgeoise centrale et de respecter les règles établies par cette classe qu'ils ont auparavant combattu. [...]
[...] Il existe d'une part les prolétaires organisés qui réussissent à s'enrichir, et ces derniers « ne se croient nullement tenus d'être solidaires avec les non-organisés, même dans les cas de misère commune, de chômage ». Au contraire, ils érigent des barrières pour « s'isoler, autant que possible, du reste de la masse ouvrière et obtenir des privilèges dont ils soient les seuls à profiter ». Au niveau de leur origine sociale, les dirigeants socialistes ne sont pas seulement issus du prolétariat, ils proviennent également de la classe bourgeoise et plus précisément de la couche intellectuelle. Leur adhésion s'est faite en contrepartie d'un lourd sacrifice, celui du reniement de leur propre classe. [...]
[...] La conscience du pouvoir communique toujours à celui qui le possède la vanité de se croire un grand homme. ». Cette masse a tendance à confier le soin de leurs intérêts à des personnes ayant fourni une carrière bureaucratique régulière, plutôt qu'à une personne provenant de leur sphère, considérée comme moins expérimentée. De plus selon l'auteur, c'est le nombre croissant de membres du parti exigeant un esprit bureaucratique qui, par définition, corrompt le caractère des dirigeants. Mais il relativise car si « le parti démocratique ne peut se passer de chefs autocratiques, il peut du moins les changer. [...]
[...] Ces trois axes conduisent les partis démocratiques à un système oligarchique car avec le développement des partis et de la bureaucratie d'État, par nécessité d'organisation, la direction s'éloigne de la volonté des masses. Ainsi, la démocratie contemporaine est considérée par l'auteur comme «la volonté d'une minorité exprimée par la majorité », ce qui ne se produit que grâce au pouvoir de la presse et aux intérêts qu'ils servent. Il y a toujours des tentatives de régénération, par de jeunes idéalistes mais au finale ils disparaissent, dissous dans la classe dirigeante. [...]
[...] Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties - Robert Michels (1971) L'auteur, Robert Michels, était membre du parti social-démocrate allemand et plus tard des syndicalistes italiens jusqu'à son départ en 1907. Ce livre a été publié en 1911. Par la suite, en 1924, Michels a rejoint en Italie, le parti fasciste. Dans ce livre, il aborde la nature oligarchique des démocraties, d'un point de vue psychologique et sociologique. L'auteur cherche à comprendre pourquoi il semble que même les organisations les plus prétendument égalitaires et démocrates les groupes socialistes et révolutionnaires de l'Europe du 19ème- début du 20ème siècle, qui se considéraient comme les héritiers de "liberté, égalité, fraternité" de la Révolution française, tous semblaient appartenir à des organisations oligarchiques où les chefs de parti mettaient leurs propres intérêts avant la volonté général des masses. [...]
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