Afghanistan, guerre d'Afghanistan, trafic de drogue, géopolitique, opium, narcotrafic, régime taliban, conflit armé, attentats du 11 septembre 2001, militarisme, narcotique, trafic illégal, substances illicites, stupéfiants, loi islamique
Le commerce de drogues en Afghanistan pendant le conflit qui a commencé en 2001 a joué un rôle sur l'évolution du conflit armé, mais aussi, sur la vie du pays, la gestion des institutions, la vie des locaux. Sur la scène internationale, quel a été le rôle des puissances face à ce fléau ? Comment la population afghane a-t-elle commercé avec les talibans ?
On parle d'Afghanistan, en général, pour déplorer la perte tragique de soldats occidentaux, tués dans une embuscade menée par les talibans ou par des groupes terroristes. Le débat ressurgit alors : pourquoi nous évertuons-nous à tenter d'apporter la démocratie dans un pays qui ne la désirerait peut-être pas, et à voir mourir des compatriotes sans pour autant que le moindre progrès ne soit enregistré ? L'Afghanistan, dans les pays particulièrement engagés militairement, constitue un thème de joute politique régulier, et chaque parti ou responsable politique prend en général position à un moment donné - pas toujours d'ailleurs en comprenant la situation afghane elle-même, mais toujours après analyse d'une opinion publique dont rien ne prouve, cela dit, qu'elle la comprenne davantage.
[...] Le fait que deux états en situation de conflit détiennent une telle arme rend nécessaire entre l'une et l'autre de respecter une mesure similaire à celle observée par Moscou et Washington durant la guerre froide et l'« équilibre de la terreur », sous peine de voir des milliers de victimes civiles en subir les conséquences des deux côtés. On peut sans peine, mais non sans inquiétude imaginer les conséquences de l'acquisition par les Talibans de l'arme atomique si la Pakistan tombait entre leurs mains à la suite de l'Afghanistan, et celle-ci avec. La sécurité de l'Inde en particulier, et de tous leurs adversaires en général, y compris Occidentaux, se trouverait menacée comme jamais auparavant - jamais un groupe extrémiste n'a été doté d'une telle force de frappe au cours de l'histoire. [...]
[...] Pourrait-on s'organiser de manière similaire en Afghanistan ? Rien n'est moins sur. L'histoire politique et culturelle de l'Afghanistan a beaucoup moins habitué sa paysannerie à prendre la parole. Pourtant, il semblerait légitime que les paysans afghans puissent bénéficier des mêmes droits que leurs homologues colombiens pour comprendre quels sont les enjeux qui les concernent et donner leur avis. À noter également, une politique sécuritaire à laquelle a parfois été reproché le caractère répressif a notoirement impacté elle aussi dans la lutte contre le trafic de drogue. [...]
[...] Cependant, c'est bien l'aspect stratégique de ces régions qui a fait le terreau des groupes terroristes ?uvrant dans la région tels qu'Aqmi, mais aussi de toutes sortes d'autres groupes informels hors-la-loi qui sillonnent le désert pour contrôler les flux illégaux qui s'y manifestent. La stratégie d'Aqmi, d'ailleurs, reposait initialement sur la socialisation du groupe vis-à-vis des populations et des groupes informels locaux. L'organisation s'est ainsi implantée, semble-t-il, durablement dans la région du Sahel en s'insérant dans toutes sortes de trafics, à commencer par le narcotrafic, considéré comme l'un des plus lucratifs. [...]
[...] Par exemple, alors même que l'on soupçonne les effectifs des forces de sécurité militaires et civiles afghanes d'être largement surévaluées (pour permettre des salaires fictifs, selon certaines sources), le président afghan Ashraf Ghani a décidé en décembre 2017 de ne plus communiquer les chiffres liés à ces effectifs, qui pourraient en réalité comprendre un nombre important de pertes (morts, déserteurs?). Il semble donc que cette corruption soit présente à toutes les échelles, celles-ci se protégeant mutuellement, et jusqu'au sommet de l'état. [...]
[...] Nous avons montré comment les Talibans profitaient de cet état de fait pour se financer et par conséquent poursuivre la guerre. Pour introduire cette nouvelle phase de notre réflexion, il nous semble utile de rappeler comment les choses ont évolué dans ces domaines depuis 2001. Lors de la libération du pays au terme de l'intervention - menée relativement rapidement - par la coalition internationale, celle-ci a rapidement coopéré avec les autorités afghanes pour organiser des élections libres, qui se sont soldées par la victoire du président Hamid Karzaï en 2004, déjà en fonction auparavant à titre provisoire. [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture