Missel de Saint-Nicaire de Reims, iconographie, enluminure, Moyen-âge, Religion, catholicisme, Église catholique, Éducation, évangélisation, bible, ancien testament
Les documents proposés sont deux enluminures extraites du missel de l'église du Saint-Nicaise de Reims. Le missel est un livre sacré catholique au travers duquel on trouve une série de textes liturgiques mettant en scène la célébration de l'eucharistie. Les chants, les prières et autres lectures et psaumes sont illustrés de manière à donner au croyant une indication sur les gestes et rites à respecter dans le cadre de sa foi catholique. Dans le cas présent, il s'agit d'un missel paroissien, car ce dernier est à destination du fidèle. Ces derniers ne sachant ni lire ni écrire, la passation de connaissances et de rites religieux est plus simple à faire dans le cas de lecture de simples illustrations. Une enluminure, « illuminare » du latin, est quant à elle une illustration destinée à mettre en lumière, à illuminer, mais encore à orner un texte manuscrit. [...]
La première pourrait s'intituler « Credo in sanctam ecclesiam catholicam », qui signifie « je crois en la sainte Église catholique » (cartouche supérieur). Elle traite de l'évangélisation, et de la conversion des athées et païens sous couvert d'apparition du Saint-Esprit (colombe blanche) et de représentation de scène de baptême. La seconde à la même mise en page, et elle aussi est en latin, « Vitam, eternam amen, carnis resurexione » qui signifie « Nous croyons à la vie éternelle, et à la résurrection de la chair ». [...]
À travers ces lignes, nous effectuerons une analyse comparative des deux enluminures précédemment citées. Nous conclurons en explicitant de quelle manière ces enluminures furent une source d'éducation pour la personne non initiée à la religion catholique et chrétienne.
[...] Cependant, leur tenue reste similaire en forme et en couleur et permet au regardeur de les distinguer d'autres critères de différenciation. Chacun des apôtres tiens en sa main un cartouche à forme de parchemin (sinueux) destiné à mettre en valeur un psaume de l'ancien testament, et indiquant à qui sait lire les versets de la bible. Les apôtres en habit d'apparat, tout comme Jésus et les personnages présents dans les deux enluminures sont peints dans un gamme chromatique saturée, restreinte et extrêmement codifiée dans l'art de l'enluminure du Moyen-Age. [...]
[...] Le nombre de chacun des personnages est ainsi similaire d'un côté comme de l'autre, ce qui amplifie encore plus la sensation d'ordre préalablement mise en place dans la construction des scénettes. Cette tradition de correspondance classique remonte à une tradition picturale largement ancrée par des artistes tels que Duccio, Giotto. La bordure peu illustrée est constituée en majeure partie du fond papier du parchemin qui fait à la fois office cadre mais aussi de fond aux frontispices de la vie de Jésus. Ce cadre est agrémenté de la présence de quatre de ses principaux apôtres. [...]
[...] (Les anges, créatures célestes sont inscrits sur un fond d'or, pour accentuer l'aspect mystique du moment). Le rouge quant à lui utilisé en assez grande quantité vers les débuts du Moyen-Age symbolise quant à lui l'accouchement dans la douleur de la vierge marie, et le sang se déversant. Les couleurs sont associées de manière à créer un contraste saisissant, et à faciliter la visibilité et la lisibilité de l'?uvre. Les apôtres, comme les autres personnages des enluminures observent une posture et une gestuelle codifiée faisant échos à la signalétique utilisée dans les prières orales dispensées à la messe (la demande de pardon, la gloria, l'absolution, la prière d'ouverture . [...]
[...] La seconde enluminure est-elle scindée horizontalement en son centre en deux parties égales. Dans la première dans la partie supérieure de frontispice, on observe le bénédicité, et enfin la seconde l'ascension de Jésus sur terre. Les dimensions plus ou moins étendues de ses parties, symbolisent l'importance plus ou moins grandes de l'évènement raconté. De la même manière que la taille non proportionnelle des personnages par rapport au lieu, ni même en adéquation les unes aux autres, amène une hiérarchisation de chacun des figurants de l'enluminure. [...]
[...] Ajoutons à cela, la hiérarchisation des personnages dans leurs tailles, leurs positionnements dans l'espace permet aussi d'instaurer un ordre tout naturel entre les protagonistes de l'histoire. La peinture religieuse a largement suivi les règles de l'enluminure et codifié toutes les scènes de représentation de la bible et de l'ancien testament. Aussi à des siècles différents, il est toujours possible d'observer le même fil conducteur en matière de représentation religieuse. Il faudra attendre la fin du Moyen-Age et des artistes comme le Greco pour enfin oser prendre des initiatives, et tenter une autre gamme chromatique avec des couleurs plus acidulées, des formes plus torturées. [...]
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