Faux tableau, authentification, science, couche picturale, technique picturale, datation
Chaque tableau s'inscrit dans une manière de peindre propre à son peintre, à son époque et à son lieu de réalisation ; les méthodes utilisées pour aboutir à sa confection lui sont donc spécifiques. En cela, répondre à des problématiques d'authentification revient à vérifier la cohérence des techniques utilisées, mais également des matériaux employés, avec l'attribution supposée de l'oeuvre et la date où elle aurait été réalisée. De nombreux faussaires sont au fait de la nécessité d'employer des pigments et des toiles d'époques et de passer par des méthodes de vieillissement des toiles, ce qui oblige à une plus grande vigilance des laboratoires, afin que ceux-ci puissent trouver la faille derrière le faux tableau. Les résultats obtenus viennent bien entendu en complément d'une expertise stylistique et d'une connaissance documentaire approfondie de l'histoire de l'art et de l'évolution des techniques de création. L'authentification d'un tableau passe par deux types d'approches : d'un côté, on peut procéder à un examen, c'est-à-dire à une observation se basant sur ce qui est vu à l'oeil nu ou avec des caméras suivant une adaptation de la lumière utilisée. Dans un autre temps, on peut préférer une approche analytique, en procédant à des relevés de la signature chimique des matériaux ou de l'organisation stratigraphique de l'oeuvre. Ces deux approches se complètent et donnent lieu à une multitude de procédés cumulables, qui conviennent plus ou moins à une oeuvre selon sa réalisation préalable. Le principe est souvent appuyé sur la prospection de données objectives, ce qui conduit l'expert scientifique à rechercher une signature, à mettre en évidence les couches sous-jacentes du tableau, à identifier et visualiser tout ce qui tient de repentirs ou de restaurations, à caractériser les matériaux réunis ou même à dater le support comme les couches picturales.
[...] Les techniques d'investigations les plus anciennement employées sont pour la plupart encore en usage actuellement : on commence ainsi à utiliser la réflectographie à base de lumière ultra-violette (la lampe de Wood notamment) et infra-rouge dès les années 1960 ; la datation par le carbone 14, la dendrochronologie, la spectrométrie, la fluorescence ou encore la microscopie Electronique à Balayage datent toutes des années 1970 et sont toujours très utilisées de nos jours. À ces premières techniques viennent s'ajouter chaque fois de nouvelles réalisations. Ainsi, on constate une évolution des technologies afin qu'elles ne se tournent davantage vers la mise au point de technologies nouvelles et non invasives, de plus en plus privilégiées par rapport aux techniques nécessitant de procéder à un prélèvement ou d'employer une technique pouvant altérer l'?uvre analysée. [...]
[...] Enfin, deux méthodes de datations sont à noter concernant les tableaux. En premier lieu, il y a datation par dendrochronologie, consistant à l'observation des cernes annuels du bois. Cela donne des indications sur les conditions climatiques, mais aussi une datation par comparaison avec des éléments de référence. Cependant, une pratique des faussaires est justement de peindre sur des panneaux de bois anciens, souvent d'autres ?uvres d'art sur lesquelles on peint le faux après avoir poncé la couche de peinture plus ancienne. [...]
[...] Cette excitation se fait à l'air libre pour la fluorescence X et sous vide pour le MEC. Dans ce dernier cas, l'observation topographique des échantillons se fait selon un grossissement pouvant aller jusqu'à 50 000 fois plus que la taille originale du prélèvement. Une ?uvre au fusain attribué à Renoir s'est révélée fausse par ce biais ; on a en effet pu, par analyse microscopique, déceler la gravure qui se cachait sous la réalisation, comme le rapport Gille Perrault dans un colloque donné à Reims en 2009. [...]
[...] Dans le cas d'une lumière rasante, la source lumineuse est positionnée de façon tangentielle, révélant aspérités, altérations de la surface ou déformations du support. Pour la lumière transmise, elle se trouve derrière le tableau, indiquant la présence de zones plus fines selon la variation de transmission lumineuse. Ceci est souvent une première étape à l'étude du tableau, invitant à plonger plus en profondeur dans l'examen. On peut également employer la microscopie optique, dont le but est d'observer la surface, cette fois avec des grossissements allant de x50 à x1000. [...]
[...] Par ailleurs, d'autres institutions que les musées se dotent de départements scientifiques. Par exemple, la maison aux enchères Sotheby's a depuis 2016 un endroit dédié à l'analyse des ?uvres qu'elle met en vente. Il nous faut savoir que les méthodes scientifiques employées ne seront pas les mêmes selon les lois et les usages locaux. Cependant, les pratiques les plus utilisées sont finalement celles qui ont le plus de résultats pour un coût moindre, comme la radiographie, les examens à base d'ultra-violets ou d'infra-rouge. [...]
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