Art soufi, art islamique, soufisme, Religion, ésotérisme, symbolisme, calligraphie, identité culturelle
À l'image des moines chrétiens ayant une vie d'ascèse en Europe, de nombreux musulmans se sont dirigés vers le soufisme dès le VIIIe siècle à Koufa et Bassorah, avant de s'organiser en confréries aux XIe et XIIe siècles. Que ce soit dans le courant chiite ou sunnite, les soufis ont, malgré des applications différentes, tous eu une expérience de travail intérieur pour atteindre une proximité de Dieu par un détachement du monde.
Bien que n'ayant pas pour but de modifier les rites cultuels musulmans, une dimension ésotérique fut recherchée dans le soufisme.
[...] QUSHAYRÎ A., Épitre sur la science du soufisme, T Albouraq (Coll. Héritage Spirituel), Paris p., (ISBN : 1022501666). SKALI F., La voie soufie, Albin Michel, Spiritualités Vivantes, Paris p. (ISBN : 222606236X). RINGGENBERG P., L'Univers symbolique des arts islamiques, L'Harmattan, Paris p. (ISBN : 2296106641). VITRAY-MEYEROVITCH E., Mystique et Poésie en Islam : Djalâl-ud-Dîn Rûmî et l'Ordre des Derviches tourneurs, éd. Desclée de Brouwer, Paris p. (ISBN : 2220024040). [...]
[...] Ces éléments de la danse sont les majeures parties de la culture des derviches tourneurs. Suivant les lieux et les tariqas, les sept mouvements peuvent différer mais les objectifs sont les mêmes : montrer l'unité des soufis de la naissance à la mort, la réception et la distribution des grâces sans appropriation personnelle, l'oubli du paraître et des chimères du monde humain, la connaissance du livre saint qui est la clé de la rencontre avec Dieu, la reconnaissance de la sagesse, la libération de l'âme par la danse pour recevoir les cadeaux divins et enfin l'ouverture vers le soleil et la plénitude de l'âme avec la rencontre avec Dieu. [...]
[...] En effet, le cheikh soufi Rûmî, également poète persan reprend une grande partie des mêmes thématiques dans ses ?uvres. Des dizaines de milliers de vers, des milliers d'odes et des centaines d'écrits religieux, voilà sa production littéraire en nombre. Pour lui, l'union mystique des soufis était nécessaire dans l'accès à la plénitude spirituelle. Dans ses Odes mystiques, cherchant partout Dieu, il écrit « je plongeai mon regard en mon propre c?ur : là je Le vis ; Il n'était nulle part ailleurs. » Tous les moyens d'élever son âme vers Dieu constituent le ferment de la production artistique et littéraire. [...]
[...] De nombreuses interdictions, traditions et tolérances concernant notamment les thèmes et représentations sont présentes. L'art islamique est limité dans les motifs. De fait, trois principaux types iconographiques constituent l'intégralité du corpus artistique. L'iconographie populaire est le symbole d'une culture religieuse adaptée par le peuple à ses connaissances, loin des sphères intellectuelles des élites religieuses. L'iconographie figurative était très largement rejetée par l'islam mais était toutefois présente chez les soufis. L'iconographie de la pensée mystique, quant à elle, est l'expression figurée de la pensée des élites, avec plusieurs limites à la représentation. [...]
[...] Les supports d'expression étaient aussi différents que nombreux. Tandis que les arts islamiques étaient réalisés sur des murs, des coupoles ou tout autre surface de relativement grande dimension, à l'inverse, l'art soufi était surtout représenté sur des petites pièces comme des talismans, du papier ou du parchemin. Ces supports étaient un moyen d'obtenir des pièces d'art personnelles permettant de déployer des représentations plus libres, l'art étant pour les soufis une façon de voir le sacré à la lumière des capacités humaines. [...]
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