Sociologie urbaine, Daniel Terrolle, SDF Sans Domicile Fixe, sans-abri, exclusion sociale, espace public, précarité, travail social, mobilier urbain, contrôle social, Henri Lefebvre, Michel Foucault, Patrick Declerck, anthropologie, sociologie, classe sociale, stigmatisation d'une population, solidarité
L'auteur, Daniel Terrolle, né en 1949, anthropologue français spécialiste de la question des sans-abri, est maître de conférences en anthropologie à l'université Paris 8.
De fait, cet article qui mêle habilement la sociologie et l'anthropologie se propose de s'intéresser au contexte contemporain et actuel de la société française (c'est-à-dire depuis les années 1980 à nos jours) concernant le traitement des sans-abri par l'intermédiaire du mobilier urbain.
Ainsi, cet article est intéressant à plus d'un titre dans la mesure où il nous permet, en tant que futur professionnel dans le domaine du social, mais également en tant que citoyen, de comprendre les mécanismes souvent cachés et les pratiques qui permettent de stigmatiser un groupe social en particulier.
[...] La ville dissuasive : l'envers de la solidarité avec les SDF - Daniel Terrolle (2004) Article disponible en ligne à l'adresse : https://www.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2004-1-page-143.htm Analyse des questions sociales de l'intervention professionnelle en travail social Partie 1 : Introduction L'article dont nous devons effectuer la fiche de lecture, est le suivant : Terrolle, Daniel. « La ville dissuasive : l'envers de la solidarité avec les sdf », Espaces et sociétés, vol. 116-117, no pp. 143-157. L'auteur, né en 1949, anthropologue français spécialiste de la question des sans-abris, est maître de conférences en anthropologie à l'université Paris 8. À ce titre, il est membre du Laboratoire d'anthropologie urbaine (LAU-IIAC/Cnrs-Ehess, UMR 8177). Il est notamment l'auteur avec Patrick Gaboriau d'un livre qui a fait date sur la même thématique des sans-abris, Ethnologie des sans-logis. [...]
[...] En effet, le dévoilement des pratiques de contrôle de l'espace public et des man?uvres de dissuasion nous montre une ville faite de tensions, de luttes entre des catégories sociales qui ne souhaitent pas se voir. Même si l'auteur prend l'exemple de son terrain de recherche à savoir Paris, il ne prend l'exemple que des grosses agglomérations françaises. En cela, nous ne savons pas si dans les petites villes ou villes moyennes, on retrouve ces mêmes logiques. Cependant, la vision anthropologique à la base globalisante empêche de facto une analyse au cas par cas. [...]
[...] Reprenant le paradigme de Michel Foucault sur la surveillance des individus, l'auteur insiste sur sa fonction de contrôle des groupes sociaux. La deuxième partie de l'article, minoritaire, concerne le volet sécuritaire via la législation et l'assistance des sans-abri (fin de la page 150). En effet, selon l'auteur, il y a une hypocrisie manifeste avec d'un côté une assistance des populations en marge et de l'autre un contrôle et un éloignement du regard de la majorité de la population. Pour lui, cette logique est dangereuse (p.153) à long terme dans la mesure où les sans-abris ne trouvent pas assez d'endroits pour vivre de façon acceptable dans l'espace public. [...]
[...] Pour Daniel Terrolle, depuis les années 1980, on assiste à une volonté consciente de la part des collectivités d'empêcher les sans-abris de pouvoir jouir d'une liberté dans la ville en supprimant les endroits de stationnement permanent et en surveillant de plus en plus l'espace public qui devient de plus en plus privatisé. En parallèle, la situation hypocrite de l'assistance aux sans-abris permet de les maintenir dans des centres, éloignée du regard du public. Ainsi, cet article est intéressant à plus d'un titre, dans la mesure où il nous permet en tant que futur professionnel dans le domaine du social mais en tant que citoyen de comprendre les mécanismes souvent cachés et les pratiques qui permettent de stigmatiser un groupe social en particulier. [...]
[...] De fait, la distinction entre l'espace public et privé reste de mise (p.145) de même que l'évolution de la société tend à une maîtrise des espaces publics qui sont traditionnellement des lieux où les sans-abris peuvent trouver un refuge. C'est ce l'auteur nomme les « espaces résiduels » (p.145). Que ce soit l'empêchement de squatter les bâtiments vides, ou les évolutions du mobilier urbains (l'exemple des bancs est symptomatique, p.146) mais également du métro ou des espaces périphériques comme les bretelles autoroutes urbaines tout est fait pour que soit empêché toute utilisation permanente de ses espaces. [...]
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