Lutte contre la pauvreté, redistribution des revenus, croissance économique, inégalité des revenus, sécurité sociale, assurance sociale, politique publique, développement humain, capabilités, Amartya Sen, Banque mondiale, droits de propriété, accès aux droits, service public, BRICS Brazil Russia India China South Africa, intervention de l'État, pauvreté
La pauvreté désigne une réalité qui n'est pas toujours facile à cerner. Le terme désigne une situation dans laquelle une personne ou un groupe n'ont pas accès aux ressources leur permettant de vivre normalement. Il faut donc s'accorder sur les ressources à prendre en compte ainsi que sur ce que signifie « vivre normalement ». Les ressources peuvent être monétaires, mais aussi sociales, sanitaires ou éducatives. La pauvreté est un concept qui peut s'entendre de manière absolue ou relative. D'un côté, les humains ont tous besoin biologiquement d'à peu près la même chose pour survivre. D'un autre côté, on peut considérer que la pauvreté dépend du contexte, et alors définir qui est pauvre se fait par comparaison aux autres membres d'une population donnée. On ne considérera pas la pauvreté selon les mêmes critères dans une économie développée ou dans un pays émergent.
[...] Le premier rôle de l'État dans la lutte contre la pauvreté est d'assurer un niveau de croissance permettant d'éliminer les formes les plus extrêmes de pauvreté. En effet, d'après la Banque mondiale, il y a de moins en moins d'extrême pauvreté dans le monde3, et ceci est essentiellement dû à la croissance économique, notamment dans les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine : les quatre plus gros pays en développement). Alors qu'en de la population mondiale vivait dans une situation d'extrême pauvreté (que l'on mesure avec la mesure absolue d'un dollar par jour), ce n'était plus le cas que de 10% de la population mondiale en 2015. [...]
[...] Cela passe par la création de systèmes de retraites, d'assurance chômage et d'assurance maladie qui ne bénéficient pour le moment qu'à 20% de la population mondiale4, et dont l'absence accentue la pauvreté dans les pays en développement5. Sans de tels systèmes, la seule protection contre les risques disponibles pour les individus est la solidarité familiale, ce qui renforce les inégalités et la reproduction sociale. 5. L'importance des investissements de service public La pauvreté n'est pas essentiellement monétaire, et l'intervention de l'État ne peut donc se limiter à des mécanismes de redistribution fiscaux et assurantiels. Il s'agit aussi d'élargir les capabilités des plus pauvres comme l'ont montré les travaux d'Amartya Sen. [...]
[...] Avec une telle mesure relative de la pauvreté, la croissance économique ne suffit pas à réduire le nombre de personnes pauvres. Seule la réduction des inégalités le peut, puisque le seuil de pauvreté s'élève en même temps que le revenu médian de l'ensemble de la population. Il est à noter qu'une telle mesure de la pauvreté incorpore déjà l'impact de la redistribution opérée par les administrations publiques. En effet, la définition du seuil de pauvreté se base sur le revenu disponible des individus, c'est-à-dire sur leur revenu après le versement des aides sociales et la perception des impôts. [...]
[...] Les États ont-ils failli à leur rôle dans la lutte contre la pauvreté, et quel est leur rôle exactement ? Le rôle central de l'État dans la lutte contre la pauvreté La pauvreté est en augmentation en France, comme en témoigne le rapport publié jeudi 7 novembre 2019 par le Secours catholique1. Le niveau médian des personnes accueillies par l'association est en recul : il est passé de 550 euros en 2017 à 535 euros en 2018, soit bien en deçà du seuil de pauvreté, quelle que soit la manière dont on le fixe. [...]
[...] De ce fait, les pays européens ont tendance à leur préférer des mesures relatives de la pauvreté. Les mesures relatives utilisent généralement des seuils de pauvreté, définis en Europe au seuil de 60% du revenu médian de l'ensemble de la population. Ainsi, en France, où la moitié de la population a un revenu disponible mensuel net supérieur à 1735 euros par mois (pour une personne seule), le seuil de pauvreté à 60% du revenu médian considère comme pauvre une personne seule gagnant moins de 1081 euros par mois. [...]
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