Descartes, Nietzsche, connaissance, vérité, idéalisme, matérialisme, condition humaine, rationalité, doute, existence, réalité, interprétation, Discours de la Méthode, Le Gai Savoir
Il est courant d'associer les notions de connaissance et de philosophie. Dans l'imaginaire collectif, ces deux concepts sont très étroitement liés, et ce n'est pas un phénomène nouveau.
Il n'est donc pas étonnant que le sujet soit central à la réflexion de bien des philosophes, dont l'un des buts principaux est de s'intéresser à la condition humaine. C'est le cas de René Descartes, philosophe du XVIIe siècle, et de Friedrich Nietzsche, penseur allemand actif près de deux siècles plus tard.
[...] De son cogito, Descartes en déduit également la « preuve » de l'existence de Dieu, donc d'une vérité absolue, probablement inatteignable dans la pratique mais vers laquelle on peut tendre. Sur cette idée de vérité, la pensée de Nietzsche est très largement opposée à celle de Descartes. En effet, sa démarche s'inscrit dans un rejet de la vérité et de sa quête. C'est ce qu'il affirme dans Le Gai Savoir : « Nous ne trouvons plus de plaisir à cette chose de mauvais goût, la volonté de vérité, de la volonté à tout prix ». [...]
[...] Il convient donc de se poser la question suivante : dans quelle mesure peut-on dire que les visions respectives de Descartes et Nietzsche sur la connaissance révèlent une conception différente de l'être humain ? Dans un premier temps, nous nous pencherons sur la notion de vérité, puis nous étudierons le chemin vers lequel cette notion guide l'être humain dans la vision des deux philosophes. Interrogeons-nous d'abord sur l'objectif de la connaissance : la vérité, le vrai. René Descartes est aujourd'hui considéré comme le fondateur de la philosophie moderne. [...]
[...] En ce sens, Nietzsche est un penseur profondément matérialiste, à l'inverse de Descartes qui est un idéaliste. On constate donc une différence fondamentale entre la vision des deux penseurs. Descartes est un idéaliste qui pense qu'une vérité absolue existe ; Nietzsche est un matérialiste qui rejette la notion même de vérité. Qu'est-ce que ces deux visions impliquent sur le sens de la vie humaine, et plus particulièrement de la recherche de connaissance ? Pour Descartes, l'accomplissement de l'être humain, c'est la quête de vérité. [...]
[...] Dans quelle mesure peut-on dire que les visions respectives de Descartes et de Nietzsche sur la connaissance révèlent une conception différente de l'être humain ? Il est courant d'associer les notions de connaissance et de philosophie. Dans l'imaginaire collectif, ces deux concepts sont très étroitement liés, et ce n'est pas un phénomène nouveau. Dès l'Antiquité les penseurs faisaient figure de sages dont la vie entière était dédiée à la connaissance. Pourtant, celle-ci n'est pas l'apanage d'une élite éduquée. Prise au sens large, la connaissance concerne tous les êtres humains. [...]
[...] Puisqu'il rejette la notion de vérité, donc de connaissance au sens descartien du terme, il ne peut s'agir en aucun cas de ce vers quoi tend l'être humain. Pour lui, ce qui meut les individus, c'est une volonté de puissance. L'homme possède le pouvoir de créer, mais aussi celui de détruire et il exerce souvent les deux en même temps : lorsqu'il crée, il détruit les créations d'autres individus, et s'affirme. Cette philosophie de la domination a été interprétée de diverses manières au cours de l'Histoire, notamment par le régime nazi, qui l'a brandie pour justifier sa théorie de l'Übermensch (le surhomme aryen). [...]
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