Esthétique, philosophie de l'art, arts de l'espace, arts du temps, mathématiques, Descartes, eurythmie, Critique de la faculté de juger, Kant, symétrie, ordre spatial, représentation, Aristote, théorie de la beauté, histoire de l'esthétique, architecture, sculpture, musique, peinture, règles de l'art, lois des proportions, Rousseau, expérience artistique, matérialité, morale, sensibilité, Leibniz, Malebranche, sublimation
L'expérience artistique, en tant qu'elle tient d'un contenu sensible qui semble se donner sans rapport, sans référentiel spatial, ou en tout cas sans que celui-ci ne soit prédominant, peut-elle rendre compte de l'idée d'« arts de l'espace », et, en définitive, surtout pour les arts proprement destinés à créer des oeuvres qui ne se contemplent que parce qu'elles sont spatialisées (l'architecture et la peinture en tête), y-a-t-il lieu de distinguer « arts de l'espace » et « arts du temps » ?
[...] Rousseau rejette l'explication par un jugement de comparaison, mais ce rejet lui coûte, parce qu'il a compris mieux que personne qu'on avait désormais affaire à des structures et à des rapports, et parce que le jugement de comparaison occupe une place essentielle dans sa philosophie. Le seul argument vraiment décisif contre les matérialistes est le constat d'une activité de l'esprit irréductible aux sens. Imitant le style des Méditations : « Je réfléchis sur les objets de mes sensations, et trouvant en moi la faculté de les comparer, je me sens doué d'une force active que je ne savais pas avoir auparavant. » Aux yeux de Rousseau cette découverte est la preuve la plus forte de l'existence en moi d'une âme irréductible à mon être sensible. 2. [...]
[...] Une esthétique des rapports de proportion : de l'homologie du sens et sensible d'Aristote et de l'esthétique du beau dit objectif. 1. L'homologie du sens et du sensible comme explication spatialo-matérielle esthétique. Les arts de l'espace, l'espace artistique. - De par la démonstration du rapport entre les consonances et le sentiment d'agrément, la pensée aristotélicienne et scolastique décrira l'ensemble des expériences artistiques comme répondant à une cause formelle (cf. théories des causes aristotéliciennes). La beauté répond à des lois, c'est-à-dire à des rapports géométriques fixes, et l'artiste doit suivre ces rapports pour produire ses ?uvres. [...]
[...] Celui-ci ressemble à un jugement de connaissance (une assertion universelle synthétique faite sur des éléments particuliers), car elle est synthèse objectivable et universalisable, mais elle n'en est pas un pour autant. Quel est son statut ? Les travaux de Kant vont permettre de comprendre comment l'organisation du divers de la sensibilité par l'entendement et sous-tendu par les catégories sont à l'origine de la possibilité de l'expérience du beau. Ce qui est beau, ce n'est plus l'objet, mais c'est le libre jeu de l'entendement et de l'imagination : ce sont les facultés même du sujet qu'ils éprouvent comme beauté. 3. [...]
[...] Ce qui aboutira au formalisme esthétique, et se fera le moteur des querelles bien connues de la peinture et de la musique : celles du dessin face à la couleur, et celle de la mélodie face à l'harmonie. Ces considérations philosophiques et historiques faites, il vient qu'il reste cependant quelque chose du sentiment du beau, et plus précisément quelque chose de l'expérience esthétique qui semble irréductible à une spatialisation des rapports sensés ordonner les ?uvres : cette expérience est une expérience continue et qualitative, qui se manifeste en divers affections particulières selon les sujets, qui ne se phénoménalisent que comme impressions, comme un accès à un contenu - bref, à un tel contenu qu'il semble premièrement temporel, propre à l'art du temps. [...]
[...] L'arithmétique naturelle de la musique chez Leibniz - La conception assez extravagante que Leibniz se faisait du plaisir musical : « La musique est un exercice occulte d'arithmétique de l'âme qui ignore qu'elle compte. » En définitive, la seule façon de valider une conception purement géométrique de l'expérience esthétique, est d'affirmer l'existence d'une faculté occulte permettant de traduire la mathématique de l'art, tel que le fait Leibniz. Une telle hypothèse cependant, même si elle va permettre a fortiori, d'aboutir au formalisme en art (par sa critique), ne peut rendre compte de l'aspect profondément temporel de l'expérience esthétique. III. Le formalisme jusqu'à la Critique de la faculté de juger de Kant, et la question de la représentation de l'?uvre dans le temps. 1. Rousseau et l'irréductibilité de l'expérience esthétique au sensible matériel. [...]
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