Homicide, psychanalyse, psychiatrie, parricide, matricide, filiation, code pénal
Le parricide désigne traditionnellement l'homicide de son père ou de sa mère (parfois également défini comme matricide). Cette définition peut également être étendue aux autres ascendants (grands-parents notamment), voire à tout proche issu du cercle familial, que celui-ci dispose ou non d'une relation génétique filiale avec celui qui le commet (beaux-parents). Ce terme est parfois aussi utilisé pour désigner un acte d'assassinat d'une personne établie dans une situation de pouvoir l'assimilant symboliquement au rôle du père. À ce titre, dans l'ancien régime, l'acte de régicide était rapproché de la notion de parricide, la relation filiale symbolique entre le roi et ses sujets étant établie.
Dans le présent travail, le contexte de la psychiatrie impose une approche plus restrictive de la définition de cet acte. À ce titre, nous nous en tiendrons ici essentiellement à une approche cumulative à la fois freudienne et légale de la notion du père. Cette approche exclut, de facto, toute assimilation du parricide au régicide comme parfois réalisée ne serait-ce que parce que son objet, extrêmement limité, laisse peu de place à la littérature psychiatrique sur ce sujet. Dès lors, le parricide sera entendu ici essentiellement comme l'assassinat ou l'homicide volontaire d'un ascendant sur le plan génétique, mais aussi légal. Notons que la notion de parricide ne pourra être qualifiée comme tel sur le plan psychiatrique que dans l'hypothèse selon laquelle l'auteur de l'acte est conscient de cette relation de filiation.
[...] Le parricide est, à l'adolescence, une question essentielle du développement et demeure de l'ordre du fantasme. La puberté est ainsi une période de transition et d'exaltation de ces fantasmes qui pousse à leur réalisation11 du fait de l'affaiblissement structurel du « moi » et notamment le retournement de la responsabilité dans la construction du psychisme de l'adolescent qui pousse à concevoir le ou les victimes comme responsables de l'acte. Cependant, si le parricide est un élément classique que la construction psychique ce qui tend à le distinguer de l'homicide simple qui peut être parfaitement (mais pas nécessairement) détaché de toute considération psychologique et relever de mécanismes plus simple (appât du gain, colère), sa mise en ?uvre est une pratique rare. [...]
[...] C'est un outil, utilisé par le « moi » pour se protéger, par un investissement sensori-moteur de se préserver des énervements et excitations qui n'ont pas fait l'objet d'un traitement adéquat au cours de la construction et l'élaboration de l'appareil psychique. Les procédés auto-calmant sont dits « auto » dans la mesure où ils concernent une action du patient sur lui-même. Ces procédés sont, à ce titre, souvent rapprochés de la notion d'hyperactivité dans la mesure où 'est la nécessité ressentie par le patient de cette hyperactivité intérieure qui joue le rôle de mécanisme autocalmant. A ce titre, il convient de souligner le caractère paradoxal de cette approche qui constitue une modalité spécifique de maîtrise de l'excitation nerveuse10. [...]
[...] D'autres pratiques juridiques parallèles dans le temps visent à faire porter la honte sur le ou les auteurs du parricide et notamment d'expier leur offense aux dieux (devenu pêché avec l'émergence de la doctrine chrétienne). L'auteur est alors amené, entravé, en différents lieux pour y faire pénitence. Cette honte doit, dans la logique expiatoire, d'un avertissement pour le reste de la population : « la honte de ce châtiment les accable lourdement et qu'ils inspirent aux autres la terreur d'accomplir un tel forfait. [...]
[...] Dès lors, le parricide sera entendu ici essentiellement comme l'assassinat ou l'homicide volontaire d'un ascendant sur le plan génétique mais aussi légale. Notons que la notion de parricide ne pourra être qualifiée comme tel sur le plan psychiatrique que dans l'hypothèse selon laquelle l'auteur de l'acte est conscient de cette relation de filiation. La conscience de cette filiation apparait ainsi comme un élément consubstantiel à l'analyse psychiatrique de la notion e des occurrences du parricides. Il paraît donc essentiel de prendre en compte cette variable dans la prise en compte de la psyché des personnes ayant commis cet acte. [...]
[...] Dans ce cadre, le parricide est souvent un acte de refus de la vie sexuelle génitale adulte normée8. - A l'opposé, le matricide semble constitutif d'une « impasse de l'oedipe pubertaire »9 c'est à dire résulterait de la volonté du meurtrier de ne pas aborder, dans la construction psychologique, la question de la séparation. Ainsi, transgresser le tabou du meurtre, qui plus avec les parents comme victime, particulièrement à l'adolescence place le meurtrier dans une situation psychologique singulière mais dont le spectre des symptômes va d'un grand calme apparent à l'utilisation répétée de procédés autocalmants. [...]
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