Boudon, Les causes de l'inégalité des chances scolaires, inégalités scolaires, réussite scolaire, origine sociale, enseignement supérieur, déterminants sociaux, rationalité limitée, choix d'éducation, investissement scolaire, milieux favorisés, inégalité des chances, parcours scolaire, politique éducative, réformes pédagogiques, effet de seuil, habitus, statut des organisations publiques, contexte social, conditions économiques, restriction des choix d'orientation, Revue Française de Sociologue, Bourdieu, mécanismes sociologiques, analyse sociologique, facteur de reproduction, éducation comparée, sociologie de l'éducation, inégalités socio-économiques, trajectoire scolaire, opportunités scolaires, milieu social, facteurs culturels, facteurs cognitifs, résultats scolaires, avenir scolaire, L'inégalité des chances, éducation, système éducatif, sociologie de l'école, Revue Française de Sociologie
La question des inégalités à l'école constitue un domaine à part où les différents courants théoriques s'affrontent. Dans cet article publié en 1990 dans la Revue Française de Sociologie, l'auteur Raymond Boudon s'intéresse aux différentes causes qui justifient les inégalités scolaires.
[...] C'est un champ majeur qui traduit un phénomène récurrent et qui rentre en contradiction avec l'idéal d'égalité des chances et de méritocratie prônée par le système éducatif, ce qui le rend moins légitime. Pour le sociologue, il existe plusieurs causes à l'origine de cette inégalité et leur analyse permet d'en comprendre leur impact et de limiter leurs influences. Il axe son étude sur la différence de perception qui anime les acteurs entre les inégalités scolaires et celle des revenus par exemple dont les écarts seraient la conséquence de plus de performance. [...]
[...] Pour lui, les milieux favorisés entreprendraient un investissement plus large que les simples murs de l'école en investissant dans la construction et l'appropriation d'un langage plus élaboré et académique, l'apprentissage d'éléments culturels et le recours à des méthodes d'enseignement personnalisés et sur des groupes restreints comme dans des écoles privées par exemple. Ainsi, la combinaison de ces différents paramètres permet de justifier le côté universel, reproducteur et intense des inégalités scolaires qui émaillent les sociétés contemporaines. En outre, il remarque que l'inégalité des chances au niveau scolaire va au-delà de la réussite apparente puisque l'orientation en direction des filières les plus favorables va aussi se rapporter à l'origine sociale. [...]
[...] Il néglige ainsi une forme de liberté individuelle et inciterait à des mécanismes de triche voire de corruption avec le corps enseignant, basée sur la seule valorisation de la note. Son retour sur le rapport Gros-Bourdieu ne semble in fine pas suffisamment fourni pour expliquer la persistance et la reproduction des inégalités scolaires, car de grands sujets comme l'habitus, le rôle du groupe de référence ou le statut des organisations publiques ont été éludés. Pour conclure, Boudon demeure une figure importante de l'étude des inégalités scolaires. [...]
[...] Il parle en particulier d'effet de seuil pour déterminer si les individus ont plus ou moins intérêt à investir dans le parcours scolaire. Il explique que les personnes envisagent de poursuivre ou d'arrêter leur trajectoire par l'établissement d'un seuil résultat de la perception d'un calcul coût-avantage. Si c'est avantageux, il continue et sinon il s'arrête ou change de voie. Il nourrit une réflexion sur l'inégalité des chances scolaires selon le spectre de la rationalité limitée, de la différence de perception des individus ainsi que des processus conduisant aux choix d'éducation. [...]
[...] Il parle de rationalité limitée pour souligner que malgré la volonté rationnelle des individus de poursuivre une trajectoire, ils sont freinés et limités par des biais sociaux, culturels ou cognitifs qui influencent leur jugement et perception. Par conséquent, la réussite scolaire des individus passe par l'évaluation des coûts et avantages de l'environnement scolaire par le milieu familial en fonction de son origine sociale. En outre, on retrouve aussi l'impact cognitif et culturel qui dépend de l'origine sociale. Après une rapide simulation, Boudon conclut même en argumentant que c'est surtout le premier facteur qui pénalise les individus et qui induit la reproduction d'inégalités scolaires. [...]
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