géopolitique, Aymeric Chauprade, Yves Lacoste, épistémologie géopolitique, réalisme, paradigme de l'arc de crise, idéologie, Géographie et géopolitique, FN Front National, critique
Même si la vision d'Aymeric Chauprade et celle d'Yves Lacoste se rejoignent sur le fait de définir de manière épistémologique l'objet d'étude que constitue la géopolitique, force est de constater que, tant sur le fond et la forme, la vision de la géopolitique telle que la conçoit Aymeric Chauprade se trouve être en opposition avec celle développée par Yves Lacoste. Nous verrons de quelle manière dans ce présent texte, grâce à l'examen des concepts élaborés par Yves Lacoste, puis déconstruits par Aymeric Chauprade.
[...] Le raisonnement contradictoire, particulièrement mis en avant dans l'approche française, doit permettre de « passer les barrières » empêchant la compréhension d'une situation conflictuelle donnée. Tandis que pour Chauprade, la représentation reste un modèle flou et non vérifiable dans les faits. Finalement, à la lumière de notre propos, il faut admettre que la critique de la vision de Chauprade concernant celle de Lacoste doit être considérée plutôt comme légitime que pertinente. En effet, les approches critiques sont indispensables pour qu'une science puisse vivre et se légitimer. [...]
[...] En cela, apporter des contradictions et des visions différentes ne peut qu'à terme légitimer la science géopolitique dans le long procès en légitimité des sciences humaines et sociales face aux sciences dures. Ensuite, force est de constater qu'il existe une logique certaine à une vision critique de Chauprade sur Lacoste dans la mesure où ils ne s'inscrivent pas dans le même courant de pensée. L'un étant plutôt catégorisée comme étant à gauche (Lacoste) alors que Chauprade a fait partie du Front National, le principal parti d'extrême droite française. Enfin, le fossé générationnel explique pourquoi Chauprade dépasse la vision de Lacoste, cette dernière datant principalement du milieu des années 1970. [...]
[...] En ce sens, Chauprade, qui propose une vision post-Guerre Froide, nuance véritablement cette pensée en reconnaissant que l'idéologie n'est pas fondamentale. Le « réalisme » doit guider le chercheur et non pas une approche mono causale comme a pu le montrer Yves Lacoste. Son fameux adage issu d'un des livres les plus connus « La géographie sert d'abord à faire la guerre » (1976) est maintenant complètement dépassé dans la mesure où l'approche des civilisations par Chauprade est plutôt multipolaire donc plus complexe qu'une notion d'espace ou de territoire. [...]
[...] En quoi Aymeric Chauprade s'oppose-t-il à la vision de la géopolitique développée par Yves Lacoste ? Cette critique vous paraît-elle pertinente ? Même si la vision d'Aymeric Chauprade et celle d'Yves Lacoste se rejoignent sur le fait de définir de manière épistémologique l'objet d'étude que constitue la géopolitique, force est de constater que tant sur le fond et la forme, la vision de la géopolitique tel que la conçoit Aymeric Chauprade se trouve être en opposition avec celle développée par Yves Lacoste. [...]
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