France politique, bipolarisation, homme politique, Emmanuel Macron, élection présidentielle, partis politiques, engagement politique, société civile
Nommé secrétaire général adjoint du cabinet du président de la République française le 15 mai 2012, Emmanuel Macron devient ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique deux ans plus tard, le 26 août 2014, avant de créer son propre mouvement — En Marche — et d'en devenir le président le 6 avril 2016. Cette trajectoire ramassée et efficace constitue en France un exemple unique de conquête du pouvoir en dehors des institutions habituelles que sont les partis politiques traditionnels français. Revendiquant explicitement une opposition au système gauche-droite qui a régi la vie politique française depuis la Seconde Guerre mondiale et plus généralement depuis l'instauration de la IIIe République, Emmanuel Macron a fait converger vers lui des éléments issus du centre gauche et du centre droit, voire au-delà si l'on considère les ralliements de certains sarkozystes et de personnalités comme Robert Hue, ancien président du Parti communiste français (PCF).
[...] Or paradoxalement, ces difficultés ne permettent pas non plus à la droite classique de retrouver le pouvoir. B. Une refonte de la droite 1. Une polarisation croissante à l'extrême droite L'irruption d'En Marche dans le paysage politique français en effet a semble-t-il rompu l'effet de vases communicants qui régissait la vie politique française : l'alternance fonctionnait en effet de manière schématique sur un mécanisme de difficultés d'un camp qui profitaient alors au camp adverse, notamment lors des élections de mi-mandat, particulièrement avant l'avènement du septennat. [...]
[...] Or ces soutiens progressivement ralliés à En Marche contribuent à déstabiliser les partis traditionnels car ils questionnent leurs lignes politiques et leur discipline de parti. Or comme le relève Choffat (2017), si des ralliements sont habituels lorsqu'un candidat émerge comme vainqueur potentiel, le cas d'Emmanuel Macron reste relativement unique dans la Vème République : « par la rupture du clivage droite/gauche et par le score obtenu par Emmanuel Macron, l'attractivité a été particulièrement forte »4. Il résulte de ces alliances inédites une ligne politique relativement nouvelle, faite de libéralisme (privatisation et réforme des régimes spéciaux) mais également de progressisme (légalisation de ma procréation médicale assistée pour les couples de femmes, autorisation du cannabis thérapeutique, De ce fait, deux ans après les élections présidentielle et législatives, La République en Marche semble s'être durablement installé dans le paysage politique français, bien que des difficultés et des défections aient émaillé son parcours (notamment celle de Gérard Collomb, de même que les difficultés de communication sur le dossier de la réforme des retraites menée par Delevoye). [...]
[...] Qui sont les soutiens du candidat Macron ? Le Monde, URL : https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/28/les-soutiens-d-emmanuel-macron_5087064_4854003.html [Consulté en novembre 2019]. Le Goff J.-P. (2017). La Gauche à l'agonie, 1968-2017. Perrin Rosanvallon P. (2006). La contre-démocratie. [...]
[...] Une évolution progressive de l'engagement politique et citoyen ? A. Une défiance accrue des citoyens à l'égard de la vie politique 3. Des cotes de confiance en baisse continue depuis plusieurs décennies La victoire éclair d'Emmanuel Macron en 2017 doit en effet être replacée dans un contexte plus global. De ce point de vue, les travaux menés depuis plusieurs années par les sociologues ont mis en évidence une tendance de fond à la défiance croissante des citoyens à l'égard des institutions publiques et du système politique en général. [...]
[...] Cette vulnérabilité ne doit pas être oubliée, au risque sinon de ne pas comprendre le défi qui se pose aujourd'hui à un jeune parti tel que l'est LREM : les élections municipales constituent de ce point de vue un test politique majeur pour la cohérence de la majorité présidentielle, mais également pour l'assise du parti comme acteur durable de la vie politique en France. Or si les élections européennes de 2019 ont permis à LREM de conforter son avance sur les Républicains et le Parti socialiste, l'arrivée en tête du scrutin du Rassemblement National met à mal la promesse initiale du parti : entraver la progression des populismes en faisant le pari que ces derniers sont générés par le non-renouvellement de la classe politique française. [...]
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