Foi, raison, Moyen-âge, La Cité de Dieu, Saint Thomas d'Aquin, Saint Augustin d'Hippone, Traité de la vie active et contemplative, Le Monde de Sophie, Jostein Gaarder, Jacqueline Russ, Histoire de la philosophie de Socrate à Foucault, christianisme, connaissance, concept universel
La philosophie de la période du Moyen-Âge est principalement théologique, c'est-à-dire qu'elle affirme qu'il existe une cause unique à toutes choses. Le concept de foi y est donc central, mais la redécouverte de certains textes antiques replace également la raison au coeur du débat. La conception moderne a souvent tendance à opposer radicalement ces deux notions, et s'il existe une part de vérité dans cette démarche, la réalité est comme souvent bien plus complexe. Il convient donc de se demander dans quelle mesure la foi et la raison sont vraiment irréconciliables.
[...] En effet, si le sens du mot varie grandement, la philosophie antique s'est efforcée de la codifier à l'aide de divers principes. Pour Aristote par exemple, le rôle du philosophe est d'ordonner la pensée, et donc d'incarner la raison. Il y a deux choses qu'il est important de retenir lorsque l'on parle de raison. Premièrement, la raison est intimement liée à la connaissance. Deuxièmement, elle prétend accéder à la (ou à une) vérité. Ce dernier point est crucial, notamment lorsque l'on s'intéresse au concept de foi. [...]
[...] La redécouverte et l'étude des textes antiques peut être interprétée comme allant dans le sens d'un début de réconciliation entre les deux notions. Même si, comme le souligne Jostein Gaarder dans Le Monde de Sophie, ce phénomène peut s'apparenter à une « christianisation des philosophes ayant vécu plusieurs siècles avant Jésus-Christ », il montre néanmoins que foi et raison ne sont pas fondamentalement incompatibles. On constate d'ailleurs que les grands penseurs antiques n'étaient pas totalement dénués de foi, ce qui peut choquer lorsque l'on considère le fait qu'ils sont aujourd'hui souvent strictement associés avec le concept de raison. [...]
[...] En somme, en adoptant une tolérance de façade, le contrôle idéologique sur la population était maintenu. Il ne faut toutefois pas négliger l'apport intellectuel important de cette période, qui marque l'avènement de la philosophie moderne. [...]
[...] En découlent des « preuves » de l'existence de Dieu : la preuve ontologique de Saint Anselme (Dieu est parfait, l'existence est également la perfection, donc Dieu existe), la preuve cosmologique de Saint Thomas d'Aquin (Dieu est la première cause permettant d'expliquer une infinité de causes autrement inexplicables) et la preuve téléologique du même penseur (puisque même les êtres sans connaissances agissent avec une finalité, cela ne peut que prouver l'existence de Dieu). De même, pour Saint Augustin, la raison complète la foi : lorsqu'il évoque « la domination de Dieu sur l'homme qui obéit, de l'esprit sur le corps, de la raison sur les vices » (La Cité de Dieu, XXVII, 15-16) il n'oppose pas les deux notions. [...]
[...] Il convient donc de se demander dans quelle mesure la foi et la raison sont vraiment irréconciliables. Pour ce faire, nous nous pencherons dans un premier temps sur les définitions mêmes de ces concepts, qui semblent en effet indiquer une grande divergence. Puis, nous irons au-delà de cette conflictualité et nous nous intéresserons à la tentative de conciliation entre les deux notions effectuées par des penseurs de l'époque. En effet, il convient tout d'abord de définir les deux notions qui nous intéressent : la foi et la raison. [...]
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