Essai sur l'entendement humain, John Locke, notion d'accident, notion de substance, Aristote, Descartes, métaphysique, empirisme
Dans son ouvrage intitulé Essai sur l'entendement humain, paru en 1689, le philosophe anglais John Locke (1632-1704) revient sur ces divers concepts métaphysiques, parmi lesquels ceux d'accident et de substance. Et notamment sur le terme substance, qui est un des éléments centraux de la métaphysique et de l'ontologie. Ainsi, à travers son Essai sur l'entendement humain, reconnu comme l'oeuvre fondatrice de l'empirisme anglais en philosophie, John Locke va marquer l'histoire de la philosophie, notamment en remettant en cause de manière polémique les définitions qui ont jusqu'ici été données par ses pairs.
[...] Cependant, Descartes en tant que chrétien a à coeur d'aller plus loin dans la compréhension de ce que signifie le fait pour la substance d'exister par soi-même. Pour lui, ce précepte ne peut être soutenue et conservée que par Dieu7. Ainsi, pour Locke, la substance a avant tout été définie par Descartes comme existante par elle-même et pour elle-même, même sans être le support d'accidents. Pourtant, ce que Locke semble dire par là c'est que cela ne nous donne pas pour autant d'idée plus claire de ce qu'est cette chose qui n'a pas besoin d'être un support. [...]
[...] Ainsi, dans cet extrait de l'Essai sur l'entendement humain, John Locke met en lumière les limites des concepts d'accident et de substance. Il démontre que les définitions proposées par les philosophes conduisent finalement à une impasse. En effet, Locke expose au lecteur que les philosophes avaient une compréhension au mieux floue, sinon erronée, de la relation entre l'accident et la substance. Dans la suite de l'extrait, il poursuit sa critique en montrant les impasses des approches aristotélicienne et cartésienne. II. [...]
[...] Le terme « substantia » porte deux significations : à la fois support des propriétés d'un sujet et qualifiant l'essence ou la nature d'un sujet. En effet tout d'abord, il est essentiel de rappeler qu'Aristote dans son ouvrage Métaphysique met en avant plusieurs caractéristiques de la substance : son indépendance, « la substance est ce qui n'est ni dans un sujet ni affirmé d'un sujet », la substance peut être prédiquée de son sujet avec la même signification, elle se réfère à un être spécifique, par ailleurs la substance se caractéristique se caractérise par sa capacité à recevoir des accidents contraires4. [...]
[...] Dans l'exemple donné par John Locke, l'histoire du philosophe indien permet d'illustrer les limites de l'utilisation du concept de substance pour expliquer les propriétés ou les accidents des choses. Le philosophe indien cherche à comprendre ce qui soutient la terre (la terre est comparable aux accidents dans sa démonstration). Il imagine donc qu'un éléphant supporterait la Terre. Pour son éléphant, idem, il imagine ensuite qu'une tortue supporterait l'éléphant. Cependant, cela n'a pas énormément de sens d'expliquer le terme de substance ainsi. [...]
[...] Par ailleurs dans son ?uvre a également utilisé le terme « accident » dans cette continuité et parlera d'« accidents par soi », c'est-à-dire des propriétés associées à une substance mais qui ne sont pas pour autant constitutive du sujet. Dans la pensée aristotélicienne, comme le dit John Locke dans cet extrait : « la notion d'accidents » est « comme une sorte d'e?tres re?els exigeant quelque chose en quoi e?tre inhe?rent ». Par cela, l'accident se doit d'être rattaché à la substance. L'accident n'existe pas en lui-même et est toujours dans une autre chose. [...]
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