Art royal, franc-maçonnerie, Philosophie, Religion, architecture, alchimie, savoir, savoir-faire, création, connaissance
Le terme d'art royal désignait à la base l'oeuvre de l'alchimiste qui conçoit la pierre philosophale : un aboutissement, un surpassement de l'Homme qui, par ses connaissances, se rapproche de la puissance divine. C'est l'objet même de la franc-maçonnerie tentant d'obtenir la « clé de la connaissance » et de rapprocher l'Homme des dieux.
[...] C'est elle qui permet de mesurer la terre et toutes choses, elle construit, déconstruit, démontre et vérifie sans qu'on puisse lui opposer quelque argument que ce soit. Les règles révélées de la géométrie donnent à voir bien autre chose que seulement une technique opérative pour le bâtisseur, c'est de là que lui vient son statut particulier. Aujourd'hui dans cette démarche de conservation des symboles, c'est aussi l'art du perfectionnement, de l'amélioration collective et de la fraternité qui est revendiquée. L'art de penser au travers des symboles et de tenter de comprendre le monde permet d'effectuer des voyages en quête de vérités. [...]
[...] A cette époque, en même temps que les textes anciens sont redécouverts et que des mythes se construisent au sein de la franc-maçonnerie, une période d'essor artistique éclate en Europe. C'est l'époque de l'architecture gothique et des merveilles d'orfèvrerie qui permettent, en un sens, d'unifier la maçonnerie avec pour supports des textes qui se veulent rassembleurs12. La beauté et la quête spirituelle qu'inspire l'art royal permettent de créer des mythes autour desquels rassembler et unifier. 2. Comment tendre vers l'art royal ? [...]
[...] Les symboles utilisés encore aujourd'hui dans la franc-maçonnerie renvoient à des conceptions de l'homme et de la création particulière dans lesquelles l'art royal transparait toujours. Le triangle n'est pas seulement un symbole géométrique, on le retrouve dans l'écriture des premiers peuples d'orient et notamment dans l'écriture accadienne où elle représente la syllabe « rou » dont le sens est de « faire », de « bâtir ». Le compas et l'équerre, symboles des premiers bâtisseurs, se retrouvent même dans la Chine et renvoient à la géométrie qui, dans ses préceptes, contient entièrement les secrets de la maçonnerie. [...]
[...] Dans la littérature platonicienne, elle fait référence aux qualités de l'homme politique pour gouverner et unir la cité. Dans la psychologie, on la retrouve dans des travaux comme ceux de Jung sur le concept d'individualisation, de relation entre le corps et l'esprit14. Mais plus largement, c'est cette alliance entre une certaine spiritualité et un ensemble de savoir-faire qui désigne l'art royal et renvoie au rôle de l'homme dans sa fonction de « maître de l'?uvre » 15. Dans l'architecture, cette notion revêt une importance particulière puisqu'elle nécessite un travail d'exécution basé sur des savoirs. [...]
[...] En somme, on peut dire que c'est ce type de motivations qui permet de tendre vers l'art royal. Il nécessite une volonté d'accomplissement à travers des capacités intellectuelles et manuelles, à la recherche d'une unité et d'une certaine transcendance qui rapproche du divin. On perçoit dans l'art royal la recherche de la perfection de manière non rationnelle, elle n'a pas une fin fonctionnelle ou un intérêt autre que celui d'hommage à la nature humaine ou au dépassement personnel : « la nécessité peut produire des chefs-d'?uvre, mais les chefs-d'?uvre puisent leur inspiration à une autre source que la nécessité »16. [...]
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