art, éducation, esthétique, morale humaine, pragmatisme, Aristote, création, apprentissage, savoir-faire, technique, compétences, connaissance
« L'art est un leurre, la science est la base même et la condition sine qua non des progrès que notre société doit réaliser », écrivait l'écrivaine Alice Parizeau dans son roman Nata et le professeur. Alice Parizeau associe l'art à une tromperie, à quelque chose de faux qu'elle oppose à la science, qui, par essence, serait vrai et donc seule source de progrès. Selon cette perspective, l'art ne pourrait rendre meilleur puisqu'il est trompeur. Cependant, il serait intéressant de s'interroger sur la signification que l'on peut donner à l'expression « rendre meilleur ».
[...] L'expérience artistique s'intégrerait dans la continuité de nos expériences en un mouvement qui traverse l'ensemble de notre existence. La conséquence de cette conception est éthique puisqu'elle façonne notre jugement au même titre que nos autres expériences. Si l'art peut nous rendre meilleurs, car il contribue au réagencement du vécu personnel, mais s'intègre également dans des expériences collectives. Dewey envisage l'art comme un lieu de réconciliation et d'émancipation. L'art représente un lieu de débat et d'ouverture vers les autres, c'est un moyen d'avoir accès à l'intimité de l'artiste, mais aussi du milieu socio-culturel dans lequel il baigne. [...]
[...] Ce concept renvoie à l'aspect pratique de l'art, le savoir-faire ou encore l'action efficace. Cet aspect de l'art implique un certain nombre de règles et de principes qui acquiert par l'apprentissage. Le sujet qui acquiert ces compétences spécifiques devient alors meilleur dans ce domaine dans la mesure où il en sait plus que les autres. De cette manière, la valeur attachée à l'expression « rendre meilleur » n'est pas absolue, mais spécifique, le sujet connaissant n'est pas un meilleur homme (de façon absolue), mais un meilleur technicien. [...]
[...] Une éducation pragmatique par l'expérience artistique Une dernière forme d'amélioration peut être explorée à travers l'art, il s'agit de l'expérience pragmatique de l'art et son influence sur l'homme. En d'autres termes, est-ce que la fréquentation d'?uvre d'art peut-elle nous changer et faire de nous des personnes meilleures ? Pour réfléchir à cette question, nous pouvons nous servir de l'esthétique selon Schopenhauer. Selon lui, la contemplation des ?uvres nous permettrait de déchirer ce qu'il appelle « le voile de Maya » des illusions et mieux nous connaître. [...]
[...] Conclusion Ainsi comme nous l'avons vu, il existe de nombreux degrés d'influence de l'art sur l'homme, qu'il s'agisse de l'acquisition de techniques ou de connaissances ou encore de se rapprocher de sa vraie nature. Selon les différentes conceptions que nous avons évoquées, l'art peut modifier l'homme de façon plus ou moins profonde. En résumé, l'art peut rendre meilleur l'homme, en s'intégrant à la somme de ses expériences, il modifie les représentations et les jugements et incite à une plus grande ouverture d'esprit. [...]
[...] Même si l'art ne modifie pas l'essence de l'homme, l'éducation artistique constitue un apport pour l'homme. L'apprentissage « Kultur » nous pousse à nous interroger sur la dimension morale de l'éducation artistique, l'homme peut-il réaliser sa nature grâce à l'art ? II. Une éducation morale comme formation : Une valeur axiologique absolue Chez les Grecs l'éducation était connue pour le terme de « paiedia », ce concept renferme l'idée selon laquelle les hommes par l'éducation réalisent leur nature (appelée « arete »). L'« arete » est un idéal à atteindre qui ferait des hommes l'égal des dieux, en somme, il s'agit d'un but et d'une direction plutôt que d'un réel objectif. [...]
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