Kant, Descartes, Saint-Augustin, nature humaine, condition humaine, erreur, éthique, épicurisme, libre arbitre
Saint Augustin, reprenant un antique adage latin, affirme dans l'une de ses confessions que « l'erreur est humaine, mais persister dans l'erreur par arrogance, c'est diabolique » (Saint Augustin, 1993). De fait, à la lumière de ce propos, il est donc indéniable de lier la nature de l'homme avec un souci de perfectionnement, propre à la condition humaine, dont la croyance en Dieu doit permettre à l'Homme de s'éloigner de l'erreur qui conduit naturellement au péché, c'est à dire comme étant relative au diable.
Cependant, il faut rappeler, en préambule de notre propos, que c'est la nature humaine qui nous sépare du reste du monde animal. Aristote pensait que la « fonction propre » de l'être humain consistait à penser rationnellement, ce qui lui donnait l'idée que la plus haute vie qui nous soit offerte est celle de la contemplation. Les épicuriens, quant à eux, ont fait valoir que c'est un aspect essentiel de la nature humaine d'être heureux lorsque nous éprouvons du plaisir, et en particulier lorsque nous n'éprouvons pas de douleur, souvent liée à la reproduction d'erreurs, morales ou non.
[...] Dès lors, il faut partir du constat suivant : si vous acceptez le fait que la faculté de juger vienne de Dieu et que Dieu est la perfection incarnée, il semble alors que vous parveniez à la conclusion qu'il serait impossible que la faculté de juger soit dépendante de problèmes. En effet, comment une faculté reçue de Dieu pourrait-elle être moins que parfaite? C'est donc à ce niveau que Descartes explique les origines de l'erreur humaine dans la mesure où la faculté de jugement venant de Dieu, les êtres humains commettent de facto des erreurs tout simplement car ils ne sont pas Dieu. [...]
[...] II. L'erreur est dissociable de la condition humaine (antithèse) Descartes, qui reste l'auteur majeur dans la compréhension du rapport au monde via l'erreur humaine propose une solution pour les individus qui cherchent à éviter les erreurs. Cela va nous permettre d'envisager l'erreur comme pouvant en réalité être dissociée de la condition humaine. En effet, lorsque l'intellect présente à la volonté une perception, l'individu doit s'abstenir de toute forme de jugement, à moins que la perception ne soit claire et distincte. [...]
[...] Conclusion (synthèse) Par cette analyse nous voulions insister sur les représentations culturelles qui peuvent influencer une conception de la condition humaine comme étant trop influencée par le côté négatif de l'erreur humaine comme étant le déterminant de sa nature. Même si les erreurs sont l'apanage de l'expérience, le libre-arbitre de l'Homme et sa croyance en ses propres possibilités, déviés du sens divin, peut l'amener à se débarrasser en quelque sorte de sa perfectibilité. Cependant, Benjamin Constant, dans son ouvrage « Principe et Politique6 », montre que cette perfectibilité se retrouve nécessairement chez l'Homme de par sa relation à l'autorité, qu'elle soit religieuse ou politique. [...]
[...] Le problème se pose à ce stade parce que l'intellect, étant fini, ne peut pas tout percevoir distinctement. En tant que tel, certaines perceptions sont confuses. La volonté peut alors affirmer ces perceptions confuses sans se rendre compte que leurs perceptions sont confuses. C'est la cause de l'erreur humaine. Si l'intellect avait pu percevoir distinctement la volonté, la volonté aurait choisi de ne pas l'affirmer, mais comme l'intellect était confus dans sa perception, la volonté affirmait quelque chose qu'elle ne ferait pas autrement. [...]
[...] Plus spécifiquement, il s'agit d'une cognition, d'une présentation en relation avec la conscience, qui fait référence à des objets, contrairement à la sensation qui ne se réfère qu'au mental, dans la mesure où la sensation est une modification de l'état de l'esprit. Dès lors, les intuitions peuvent être de deux types : sensible et intellectuel. Les intuitions sensibles ont leur source dans la réceptivité de l'esprit humain, en ce sens qu'elles ont besoin d'affection de la part des objets qu'elles représentent. Les intuitions intellectuelles ne nécessiteraient pas d'affection, mais proviendraient spontanément des intuitions. Selon Kant, « l'intuition humaine n'est que sensible5 » comme nous avons pu le voir plus haut. [...]
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