Art, beauté, artisanat, esthétique, Kant, nature, identité culturelle, politique sociale, art engagé
L'adjectif « beau » est de nos jours très souvent employé pour décrire une oeuvre d'art. Cependant, la signification même de cet adjectif varie en fonction du type d'oeuvre qu'il décrit. [...]
Les critiques adressées à l'art contemporain sont souvent symptomatiques de cette vision : puisque ce n'est pas beau, ça ne peut pas être de l'art.
Cette définition tacite est reprise par de nombreuses personnes, ce qui nous amène à poser la question suivante : la beauté seule est-elle un critère de définition de l'art ?
[...] Les classes dominantes d'une société dictent les critères esthétiques de beauté de l'art et s'en servent pour se distinguer des autres classes sociales. C'était le cas au XVIIIème siècle avec l'apparition de l'art pour le Beau, et c'est toujours le cas aujourd'hui, où l'art populaire (« mainstream ») est largement regardé de haut par les milieux culturels les plus favorisés, et ce qu'il s'agisse de musique, de cinéma, de peinture? De manière plus générale, les définitions d'?uvre d'art et de beauté sont tellement variables qu'il serait absurde de lier les deux de manière définitive. [...]
[...] Même en excluant l'artisanat, la conception de l'art n'en est pas pour autant homogène. Au sein de l'art pour l'art, à travers les siècles et les époques, de nombreux artistes ont volontairement refusé de rechercher le Beau, ou du moins de respecter les critères stricts qui définissent ce qui est beau, et ce qui ne l'est pas. C'est par exemple le cas de Baudelaire. En tant que poète romantique, ses ?uvres, et notamment Les Fleurs du Mal, témoignent certes d'une beauté, mais le mal, la tristesse, la mélancolie, et le dégout y occupent également une place prépondérante, ce qui allait à contre courant des tendances de l'époque. [...]
[...] Chez lui, la notion de transcendance est omniprésente, puisqu'il parle du génie comme d'une intuition présente dans l'esprit humain qui lui permet de réaliser des ?uvres d'art. Cette intuition du génie s'oppose à la raison des idées qui, elles, sont tangibles. Enfin, il dresse une distinction entre ce qui est beau et ce qui est agréable. Ce qui est agréable correspond à la beauté ressentie subjective, ce qui est beau a une prétention universelle. La beauté de l'art est donc pendant cette période reliée à la beauté de grandes choses : la Nature, Dieu? [...]
[...] Une ?uvre d'art est-elle nécessairement belle ? L'adjectif « beau » est de nos jours très souvent employé pour décrire une ?uvre d'art. Cependant, la signification même de cet adjectif varie en fonction du type d'?uvre qu'il décrit. Ainsi, un beau film sera généralement un film émouvant, qui parvient à faire ressentir d'intenses émotions aux spectateurs, une belle chanson sera forcément mélodieuse, et un beau tableau esthétiquement satisfaisant. Face à la diversité des types d'art, la notion de beauté se transforme, s'adapte. [...]
[...] A cette idée de transcendance vient s'ajouter celle de perfection. Une ?uvre d'art doit être belle, pour refléter la beauté plus grande encore de la Nature par exemple, mais quels sont les critères définissant cette beauté ? Puisque la beauté serait universelle, peut-on la codifier ? Certains artistes ont affirmé que oui, puisque la Nature est harmonieuse et parfaite, on peut tenter d'imiter cette harmonie dans l'art. Le Corbusier a par exemple longuement théorisé sur l'harmonie du nombre d'or en architecture, que l'on retrouve d'ailleurs chez les fleurs, preuve s'il en est que la beauté de la Nature est parfaite et mathématique. [...]
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