Désir, souffrance, amour, psychanalyse, émotion, humanité, être humain, Schopenhauer
Le désir porte historiquement une connotation plus négative que l'amour, puisqu'il est assimilé aux pulsions, donc à l'animalité. De plus, puisqu'il s'agit d'une émotion extrême, on l'associe souvent à la souffrance. Il convient donc de prendre du recul et de se demander si le désir est, par essence, synonyme de souffrance.
[...] Peut-on désirer sans souffrir ? L'amour existe depuis des temps immémoriaux. On pourrait supposer sans trop risquer qu'il colle à l'Homme depuis l'aube de l'Humanité. Les cultures occidentales, influencées par le christianisme, ont tendance à le présenter comme un sentiment noble, idéal, et donc souvent idéalisé. Le désir, en revanche, porte historiquement une connotation plus négative, puisqu'il est assimilé aux pulsions, donc à l'animalité. De plus, puisqu'il s'agit d'une émotion extrême, on l'associe souvent également à la souffrance. Il convient donc de prendre du recul et de se demander si le désir est, par essence, synonyme de souffrance. [...]
[...] Certains désirs sont certes sources de souffrance. Mais ils le sont parfois uniquement parce qu'ils sont refoulés, c'est-à-dire enfouis très profondément dans notre inconscient. C'est la base de la psychanalyse, théorisée par Freud. Ses exemples les plus célèbres sont souvent sulfureux, mais l'idée de base peut s'appliquer à n'importe quel type de désir. Si les désirs sont inconscients, cela veut dire que les actions effectuées pour les satisfaire sont faites malgré nous. Se connaître soi-même et connaître ses désirs apparaît dès lors comme un moyen efficace de diminuer les souffrances liées à ce désir. [...]
[...] On peut donc constater qu'au-delà de la simple définition du manque à combler, le désir peut également engendrer d'autres émotions bien plus positives. Le débat sur le désir a longtemps été parasité par l'Eglise, notamment au Moyen-âge. Aujourd'hui encore, il n'est pas rare de rencontrer des gens prônant le refoulement des désirs, le sacrifice du bien-être personnel. Il est pourtant indéniable que, si le désir engendre souvent la souffrance, celle-ci fait aussi partie de la vie, et certains désirs valent la peine de souffrir pour eux. [...]
[...] On désire quelque chose qui nous manque, sans quoi l'on est incomplet. L'accomplissement du désir revient donc à combler ce vide, de manière plus ou moins efficace. La souffrance de ce manque est donc indissociable de la notion de désir. Voici un exemple plus moderne. Les industries du marketing et de la publicité, dont les employés sont formés aux mécanismes psychologiques humains, créent l'illusion de besoins matériels afin que les individus ressentent un désir intense d'acheter les produits. La souffrance du manque ne s'éteindrait qu'à l'achat, à l'accomplissement du désir. [...]
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