Platon, Socrate, Phèdre, art oratoire, auditeur, moralité, responsabilité, situation imaginaire
Socrate débute tout d'abord par émettre l'hypothèse que pour bien parler, une personne doit connaître la vérité sur le sujet qu'elle traite, c'est-à-dire, savoir ce qu'est le bien et le mal. Toutefois, Phèdre expose une thèse différente : pour bien parler et convaincre, ce n'est pas la vérité que l'orateur doit apprendre et connaître, mais ce qui parait juste, beau et bon aux yeux des interlocuteurs.
[...] Phèdre - Platon (vers 370 avant J.-C.) - À quelles conditions peut-on dire que quelqu'un parle bien ? Dans ce dialogue écrit par Platon, Phèdre et Socrate s'interrogent sur les conditions dont doit disposer une personne pour bien parler. Dans cet extrait, « bien parler » semble se caractériser par le fait de réussir à convaincre, à persuader son interlocuteur. Socrate débute tout d'abord par émettre l'hypothèse que pour bien parler, une personne doit connaître la vérité sur le sujet qu'il traite, c'est-à-dire, savoir ce qu'est le bien et le mal. [...]
[...] Il n'est donc pas nécessaire de connaître ce qui est réellement juste, uniquement de savoir ce qui parait juste et a un impact chez l'auditeur. Afin d'évaluer la justesse de la thèse avancée par Phèdre, Socrate passe par une comparaison. Il imagine une situation dans laquelle Phèdre et lui ignorent ce qu'est un cheval et dans laquelle il réussirait à persuader Phèdre d'aller au combat à dos d'âne, grâce à des arguments qui prêtent à l'âne les qualités du cheval (il sert de « monture au combat », il est « capable de porter des bagages » et « on peut l'utiliser pour un tas d'autres choses »). [...]
[...] Il faut donc conclure de ce dialogue entre Socrate et Phèdre que l'on peut dire d'une personne qu'elle parle bien, à condition qu'elle connaisse la vérité, c'est-à-dire le bien et le mal sur la question traitée. De plus, la morale de cette histoire suggère qu'une personne parle bien, lorsque ses paroles orientent l'auditoire vers des actes justes et vertueux. Elle laisse également la voix ouverte à la question de la moralité, puisque Socrate souligne implicitement que l'art oratoire comporte une responsabilité, étant donné que l'on incite les personnes à l'action, vers le bien ou vers le mal, par la parole. [...]
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