Possibilité, contradiction, abstraction, réalité, liberté, Leibniz, Kant, Aristote, Spinoza, Bergson
Mis en « demeure », à juste titre, de définir une notion d'usage si « aigu » qu'elle oscille -par exemple et notamment- de la liberté à la contingence, nous ferons ici le choix de la rigueur conceptuelle en traitant d'abord de la possibilité comme d'une catégorie dont la description pérenne peut être associée aux noms de Leibniz et Kant. Opposable, dès Aristote, à l'impossible, mais, à un autre titre, au nécessaire, la possibilité entre dans la série des modalités, soit métaphysique, soit épistémique et finalement au titre du probable.
La dialectique qui affecte dès lors la notion peut jeter le doute sur sa pertinence même, conduisant du possible nominal au possible réel -au travers, non seulement des compossibles, mais encore des conditions- et de là à la contestation même de la possibilité par des auteurs aussi opposés par ailleurs que Spinoza ou Bergson.
[...] Nous constatons cependant que nous vivons dans un monde complexe, impliquant non seulement un, mais des choix. Ainsi, dans notre exemple ci-dessus, il a bien fallu qu'un enfant naisse ou fille, ou garçon (ne serait-ce que chromosomiquement parlant). Mais ce choix, une fois réalisé, entraîne l'élimination du possible qui ne l'a pas été. II/ La possibilité s'oppose à la réalité La compossibilité est la « nécessité conditionnelle » L'exemple de la naissance d'un être illustre l'impératif d'avoir à subordonner le possible au réel. [...]
[...] Qu'est-ce que la possibilité ? Mis en « demeure », à juste titre, de définir une notion d'usage si « aigu » qu'elle oscille -par exemple et notamment- de la liberté à la contingence, nous ferons ici le choix de la rigueur conceptuelle en traitant d'abord de la possibilité comme d'une catégorie dont la description pérenne peut être associée aux noms de Leibniz et Kant. Opposable, dès Aristote, à l'impossible, mais, à un autre titre, au nécessaire, la possibilité entre dans la série des modalités, soit métaphysique, soit épistémique et finalement au titre du probable. [...]
[...] Plus que ce que nous appelons « potentiel », voire « virtuel », la puissance est tout simplement la prédétermination d'une chose dont la pleine réalité est appelée acte : ainsi, pour « filer » notre exemple concernant la génération, l'enfant est « en puissance » fille ou garçon -le mâle déterminant le sexe dans l'intuition prégénéticienne du Stagirite- avant que d'être embryon, puis vivant autonome. Il l'est alors en acte. Ainsi, la puissance et l'acte, le possible et le réel constituent une seule et même entité. Un possible pur est irréel : il concerne une autre modalité, la contingence. Causalité -ou nécessité conditionnelle- et possibilité se séparent dans cette conception, laissant entièrement ouverte la dimension de la liberté d'un premier commencement. [...]
[...] De plus, dans le cas du vivant, elle se transforme en un lien explicatif, non seulement en un système ou une structure comme cela est le cas en mathématique. Mais avons-nous épuisé le « champ du possible » en toute généralité ? L'irréalité du possible Dans sa conférence « Le possible et le réel » (1930, in La pensée et le mouvant) Bergson examine la question du possible en relation avec le nouveau -l'évènementiel- qu'il avait abordée auparavant dans l'Evolution créatrice, armé d'une approche inconnue d'Aristote : le temps en biologie. [...]
[...] Le rationalisme exige une explication du fait qu'un enfant naisse fille ou garçon. Plutôt que de renvoyer au choix de Dieu, un Spinoza -niant toute liberté ainsi que toute contingence, affirme que le monde, identifié à Dieu lui-même, est entièrement nécessaire, et causal en chaque point ou évènement. La possibilité n'existe simplement pas : on ne peut concevoir dans un tel monde un « âne de Buridan » qui, placé à mi-distance de l'eau et de l'avoine, choisit arbitrairement, ou de boire ou de manger. [...]
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