Jean Duns Scot, Dieu, intellect agent, individuation, étant, équivocité, ontologie, théologie, concept général de l'être, universel transcendant, Aristote, métaphysique, De anima, Mélanie Klein, De ordinatio, concept métaphysique, Martin Heidegger, univocité
Chez Jean Duns Scot, la question de la connaissance de Dieu suppose qu'auparavant nous ayons circonscrite la limite rationnelle de la connaissance possible de l'être, c'est-à-dire que nous ayons conditionné notre approche gnoséologique par l'étude des limites de l'intellect agent. Or, il semble bien que pour Jean Duns Scot, nous ne puissions connaître la nature de l'être en général selon sa modalité, c'est-à-dire selon sa réalité propre ou son essence effectuée, parce que notre connaissance ne s'étend jamais à un objet général, c'est-à-dire un universel transcendant qui serait donné par la contemplation d'une intellection pure, mais toujours par le rapport d'un entendement avec des individus particuliers, fut-ce au travers d'universaux (vrai, bien, beau) ou d'abstractions que notre rationalité crée en subsumant leur être individuel sous un concept.
[...] Le statut ontologique des universaux pose alors la question du processus de leur individuation dans les êtres particuliers. Comment cette individuation est-elle rendue possible ? Le principe d'individuation nous demande de nous interroger sur le fait de savoir comment une chose devient un individu, une réalité insécable, quantitativement et identique à elle-même numériquement. Le principe d'individuation est donc une unité non répétable, dans sa propriété singulière. La nature d'une chose singulière renvoie à la connaissance du général qui est connue de l'intellect et de lui seul par le biais des sensibles. [...]
[...] Comment Scot va-t-il parvenir à faire cette démonstration et pourquoi sous-entend-t-elle une définition conjointe d'une infinité extensive du monde ? 3.3 De l'infini intensif de Dieu et de l'intellect agent Selon la logique de Scot, la modalité véritable de la preuve de Dieu suppose de déterminer une prémisse nécessaire et non contingente. Pour cette raison, Scot ne peut conclure sa démonstration par une preuve s'appuyant sur la causalité efficiente, même si celle-ci ne se fonde pas sur le mouvement comme chez Aristote mais sur l'essence métaphysique de l'être, en tant que principe de toute individuation. [...]
[...] Comment comprendre alors cette absence de hiérarchie et de nature entre les êtres ? Faut-il pour autant considérer qu'il n'existerait aucune différence entre les étants, entre Dieu et l'homme, l'homme et l'animal ? 2.2 Univocité de l'être et différence des étants L'être, contrairement à ce qu'en dit traditionnellement la métaphysique ne peut se dire et se saisir que dans une unité de sens. Ainsi Duns Scot critique- t-il de façon radicale la position héritée d'Aristote puis reprise par la scolastique avant lui. [...]
[...] C'est ce qu'il faut entendre sous le concept d'univocité de Dieu et de sa créature. Il n'existe pas de différence de nature entre l'homme et Dieu mais une différence de qualité, qui repose sur l'expression de cet haccéité, la qualité d'infinité intensive de l'essence divine. La question est alors de savoir si le premier principe, moteur immobile selon Aristote est infini. L'univocité de l'étant, commune à Dieu et à sa créature, n'est pas seulement une expression de l'essence divine mais aussi une expression de l'essence de l'homme. [...]
[...] En d'autres termes, elle ne sait pas ce qu'elle ressent et ne peut se poser la question de la raison d'être de l'objet ressenti, ni de sa réalité ou de sa vérité. Comme l'écrivait Mélanie Klein à propos de l'enfant qui vient de naître : « il est sa colère ou sa joie, il est ce qu'il ressent. » (L'oedipe). Cette phrase s'appliquerait parfaitement ici, pour comprendre la sensation pure, interne ou externe, lorsque celle-ci est séparée de notre faculté intellective et des opérations qu'elle promeut : « Savoir c'est percevoir la vérité d'une chose ; tel n'est pas le rôle du sens, mais seulement de la raison. » (Ibid). [...]
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