crise économique, zone euro, Sciences économiques et politiques, politique financière, UE Union Européenne, gouvernance économique, gouvernance politique, OCDE organisation de coopération et de développement économiques, politique monétaire, inégalités de revenus, ZMO Zones Monétaires Optimales, BCE Banque Centrale Européenne, dette publique, endettement, contrôle budgétaire, PIB Produit Intérieur Brut, Inflation et chômage
D'après une réévaluation récente de l'OCDE, la croissance 2019 de la zone euro a été revue à la baisse de 0,4% et ne devrait pas dépasser 1% dans la zone euro. L'Allemagne devrait retomber à 0,7% de croissance, l'Italie rentrerait en récession (-0,2%) alors que la France résisterait un peu mieux (+1,3%) en raison d'une moindre exposition au ralentissement du commerce mondial et des mesures budgétaires prises en réponse à la crise des « Gilets jaunes ». Ces éléments de conjoncture donnent encore plus d'acuité à la question de savoir quelle est la bonne gouvernance économique et politique pour garantir la soutenabilité de la zone euro. [...]
Mais encore faut-il s'accorder sur ce qu'on entend lorsque l'on affirme que la crise est terminée et le sujet invite aussi à s'interroger sur l'héritage de la crise. En effet, si la crise a eu des effets majeurs de court terme qui ont pu être dépassés, elle pèse durablement sur la viabilité de la zone (effets d'hystérèse qui affectent le niveau de croissance potentielle de la zone euro, ratios d'endettement public qui limitent la marge de manoeuvre dans certains États membres). Cette question se pose d'autant plus que les réponses apportées n'ont pas réglé les défaillances structurelles et institutionnelles à l'origine de la crise, ce qui invite à se demander si la crise de la zone euro ne serait pas, finalement, devant nous.
[...] Il s'agit donc de se demander à la fois dans quelle mesure la crise de la zone euro a nécessité un renouvellement de son architecture institutionnelle et politique et en même temps en quoi l'héritage durable de la crise et la persistance de déséquilibres structurels et institutionnels inquiètent doivent conduire à poursuivre ces changements pour prévenir de l'éclatement d'une nouvelle crise ? Une sortie de crise difficile qui a révélé le caractère non-optimal de la zone euro et entraîné un renforcement de son architecture institutionnelle et politique : Une sortie lente de crise qui s'explique principalement par la mauvaise mobilisation des outils contra-cycliques pendant la crise : En 2008, la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers entraîne une contagion financière mondiale qui fait chuter le taux de croissance de la zone euro à en 2009. [...]
[...] Ces mesures ont prévenu l'éclatement de la zone euro et restauré la bonne transmission de la politique monétaire, notamment vers les pays du Sud. Aujourd'hui, les symptômes les plus significatifs de la crise sont effectivement derrière nous et les marchés ne spéculent plus sur la sortie d'un membre de la zone euro. Les niveaux de spreads sont d'environ 4 points pour la Grèce pour l'Italie (après une remontée récente liée à sa situation politique) pour le Portugal et 1 pour l'Espagne. [...]
[...] Le caractère non-optimal de la zone euro, révélé par la crise, a rendu nécessaire un renouvellement de son architecture institutionnelle et politique pour en renforcer la solidité Le caractère optimal d'une zone monétaire, d'après la théorie des Zones Monétaires Optimales développée par Mundell en 1961, s'apprécie à travers 4 critères : la symétrie des chocs, l'intégration commerciale, la mobilité des facteurs de production et les transferts budgétaires. Ces éléments sont nécessaires pour compenser les conséquences de la perte pour les pays membres du taux de change comme instrument d'ajustement dans la zone. [...]
[...] Des réformes plus structurelles ont été menées au sein de la zone euro pour davantage de surveillance et de coordination des politiques budgétaires nationales. Le Six-Pack d'abord en 2011 prévoit des sanctions plus strictes et automatiques pour non-respect des critères fixés par le PSC. Il accorde plus d'importance à la dette et prévoit un nouvel objectif de réduction de la dette publique (réduction d'1/20ème par an sur 3 ans de l'écart entre taux endettement effectif et valeur de référence de 60%/PIB). [...]
[...] La crise montre que les capitaux ont été davantage investis dans des bulles (exemple de la bulle immobilière en Espagne : l'Espagne a mal géré la baisse des taux d'intérêt à son entrée dans la zone euro) plutôt que dans le rattrapage de productivité. Le postulat d'homogénéité de la zone euro vole en éclat. Cette sur-réaction financière a des correspondances dans l'économie réelle et creuse encore les disparités entre les Etats membres. Pour un même niveau de risque, une PME française ou allemande se voyait offrir un taux inférieur à par le système bancaire contre un taux supérieur à pour une PME italienne ou espagnole. [...]
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